(LVDE) – À l’occasion de la célébration du 71ᵉ anniversaire du déclenchement de la révolution algérienne, l’ambassadeur d’Algérie au Cameroun a annoncé que près de dix nouveaux accords économiques et commerciaux seront signés lors de la prochaine Commission mixte à Yaoundé. Une étape qui confirme la montée en puissance des relations bilatérales, soutenues par des échanges diplomatiques soutenus et des partenariats sectoriels déjà engagés.
Le 29 novembre 2025, la résidence de l’ambassadeur d’Algérie à Yaoundé a pris des allures de tribune diplomatique. En présence de responsables camerounais et de partenaires économiques, Abdallah Boukemmache a célébré le 71ᵉ anniversaire de l’insurrection algérienne de 1954, rappelant le chemin parcouru par son pays depuis l’indépendance acquise en 1962. L’ambassadeur a mis en avant les progrès enregistrés par l’Algérie, notamment la consolidation des institutions, la diversification graduelle de l’économie et la montée en compétence des cadres formés dans les secteurs stratégiques.
Au-delà de l’hommage historique, l’évènement s’est transformé en véritable point d’étape sur la coopération entre l’Algérie et le Cameroun. L’ambassadeur a souligné que la prochaine session de la Commission mixte de coopération – programmée à Yaoundé – devrait être marquée par la signature d’une dizaine d’accords couvrant divers domaines économiques, productifs et commerciaux. Bien que les secteurs concernés n’aient pas été détaillés, ces documents devraient confirmer la volonté des deux États d’accélérer leurs échanges et de renforcer les interconnexions entre leurs économies.
Cette dynamique s’appuie sur une série de visites bilatérales menées entre 2024 et 2025. Le ministre camerounais des Relations extérieures, Mbella Mbella, s’était rendu en Algérie en décembre 2024, suivi un mois plus tard par Joseph Beti Assomo, ministre délégué à la Présidence chargé de la Défense. En parallèle, le déplacement du ministre de l’Agriculture, Gabriel Mbairobe, a débouché sur un accord agricole majeur, qui a déjà permis l’envoi à Alger d’une mission technique chargée de se familiariser avec les méthodes algériennes de recensement rural. Ce partenariat agricole illustre la volonté des deux pays de renforcer la sécurité alimentaire et d’améliorer la gestion des données agricoles, un enjeu crucial au moment où le Cameroun accélère ses programmes de transformation agro-pastorale.
L’éducation supérieure n’est pas en reste. En 2025, plus de 160 bourses ont été attribuées par Alger à des étudiants camerounais désireux d’intégrer les universités et grandes écoles du pays. Ce geste constitue l’un des volets les plus visibles de la coopération humaine, souvent mise en avant comme socle durable du rapprochement entre les deux nations.
Sur le plan économique, la préparation d’une dizaine d’accords marque une étape structurante. Les deux gouvernements souhaitent encourager l’intégration commerciale, favoriser les investissements bilatéraux et multiplier les projets conjoints dans des secteurs clés tels que l’énergie, l’agro-industrie, les infrastructures ou encore les technologies de l’information. La Commission mixte de coopération, dont la tenue à Yaoundé est annoncée comme imminente, devrait cristalliser ces ambitions et ouvrir une nouvelle phase d’intensification des échanges.
Pour les milieux économiques camerounais, l’arrivée de nouveaux partenariats avec Alger représente une opportunité d’accès à un marché nord-africain en pleine modernisation, tandis que l’Algérie voit dans le Cameroun une porte d’entrée stratégique vers la CEMAC. Les prochaines semaines seront donc déterminantes pour sceller ces engagements et définir la trajectoire d’une coopération appelée à se densifier.
Tressy Chouente



