(LVDE) – Cette augmentation, estimée à 50 milliards de FCFA par rapport aux prévisions initiales, a été révélée le 26 novembre 2025 par le Premier ministre camerounais Joseph Dion Nguté, lors de la présentation du programme économique et financier de l’année 2026 devant l’Assemblée nationale.
La réhabilitation de la Sonara, la seule raffinerie de pétrole du Cameroun, connaît une évolution significative. Initialement évaluée à 250 milliards de FCFA, l’enveloppe nécessaire pour remettre cette infrastructure en état est désormais portée à 300 milliards de FCFA, comme l’a affirmé le Premier ministre lors de sa récente intervention à l’Assemblée nationale. Ce relèvement de 20 % des coûts n’a pas été accompagné d’explications détaillées, laissant planer des interrogations sur les raisons exactes de cette augmentation.
Dans un contexte où la Sonara peine à reprendre ses activités normales, plusieurs institutions financières ont commencé à se montrer intéressées par le financement de ces travaux. Par exemple, une délégation d’acteurs financiers, comprenant des représentants de l’Union de Banques Arabes et Françaises (UBAF), de la banque néerlandaise ING et de la Mauritius Commercial Bank (MCB), a visité Limbe en juin 2025. Leur objectif : explorer des options pour « propulser la raffinerie vers un avenir prometteur ».
Pour soutenir la réhabilitation de la raffinerie, la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) a suggéré l’activation de son guichet B, destiné au refinancement à moyen terme pour des projets d’investissement productif. Le gouverneur de la BEAC, Yvon Sana Bangui, a confirmé lors d’une conférence de presse en septembre 2025 que cette initiative vise à financer des projets dans le secteur productif, en ajoutant qu’il avait déjà pris contact avec les autorités locales pour les informer de cette opportunité.
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Par ailleurs, selon des sources bien informées, les responsables de la BEAC ont proposé aux autorités camerounaises la mise à disposition de 60 % du financement nécessaire à la réhabilitation de Sonara. Ce financement avait été envisagé lorsque le coût était estimé à 250 milliards de FCFA.
L’incendie survenu en mai 2019 a non seulement détruit des équipements essentiels de la raffinerie, mais a également contraint le pays à importer 100 % des produits pétroliers consommés, fragilisant ainsi les réserves en devises de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC). Cela expose les pays de la région à de potentielles tensions financières pour le paiement de leurs importations. Yvon Sana Bangui a exprimé son inquiétude à ce sujet, plaidant pour une restauration rapide de Sonara, le 24 juin 2024, en soulignant que cette situation affecte la position extérieure de l’ensemble de la sous-région.
En conclusion, la réhabilitation de Sonara est cruciale non seulement pour le Cameroun, mais également pour garantir une plus grande autonomie énergétique dans la région. Les ajustements budgétaires nécessaires et les efforts de mobilisation de financements apparaissent comme des étapes déterminantes pour relancer une opération qui est essentielle à la stabilité économique du pays et, par extension, de la CEMAC.
Amelie Yandal


