(LVDE) – Le gouvernement du Cameroun a décidé de verser 20 milliards FCFA à la société Tollcam SAS en 2026, en réponse à la résiliation du contrat de collecte des recettes routières. Cette somme, prévue dans le budget, représente le premier versement d’une créance importante, dans le cadre d’un protocole d’accord en cours de finalisation.
Dans un tournant significatif pour la gestion des infrastructures routières, l’État camerounais a annoncé un règlement de 20 milliards FCFA au profit de Tollcam SAS, prévu dans le budget 2026. Cette décision fait suite à la résiliation du contrat qui liait l’entreprise à l’État pour l’automatisation des postes de péage routiers. Le protocole d’accord entre les deux parties est actuellement en phase de finalisation, marquant un jalon important dans l’éclaircissement des obligations financières de l’État.
Il est essentiel de noter qu’aucune dépense n’a encore été engagée par l’État pour la construction des sept postes de péage automatisés. Ces travaux ont entièrement été financés par Tollcam, qui a contracté des emprunts auprès de banques commerciales après la signature du contrat en mai 2020. Cette initiative vise à moderniser la collecte des recettes de péage et à optimiser l’efficacité du réseau routier national.
L’idée de moderniser le système de péages a émergé en 2009, lorsque le Conseil National de la Route a recommandé l’automatisation de plusieurs postes logistiques, dont quatorze ont été identifiés pour leur rendement élevé. Des études menées en 2010 ont révélé que près de 75 % des recettes publiques provenaient de ces sites stratégiques. Initialement, ce projet avait été attribué à un partenaire privé dans le cadre d’un Partenariat Public-Privé (PPP). Cependant, en février 2024, le gouvernement a décidé de reprendre directement l’exploitation de ces gares de péage.
Le choix du PPP, établi en 2016, a permis de financer la création et l’exploitation de nouveaux postes de péage. Plusieurs groupements ont manifesté leur intérêt, et en 2020, le groupement Razel-BEC / Egis Projects a été retenu pour ce projet, qui a été formalisé à travers un contrat avec Tollcam Partenariats SAS. Toutefois, l’entrée en vigueur du contrat a été retardée à cause de la pandémie de Covid-19, et ce n’est qu’en juin 2022 que le closing financier a été réalisé grâce à l’aide de GuarantCo.
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Les travaux ont donc débuté fin 2022 pour les sept premiers postes, situés à des points stratégiques tels que Mbankomo, Boumnyebel, Edéa, Tiko, Mbanga, Nsimalen et Nkometou. Après divers ajustements techniques, les équipements automatisés ont commencé à entrer en service progressivement en janvier 2024.
Ce projet vise à renforcer durablement les recettes publiques, avec un tarif de péage maintenu à 500 FCFA. Les projections anticipaient que les revenus cumulés atteindraient environ 632 milliards FCFA à l’issue du contrat, dont près de 471 milliards reviendraient au Trésor public. Un volet crucial de ce partenariat était l’inclusion de la main-d’œuvre locale, avec 95 % de travailleurs nationaux et 34 % des prestations confiées à des PME camerounaises.
La résiliation du contrat avec Tollcam implique le paiement d’une indemnité qui couvre l’ensemble de la dette contractée par la société de projet, y compris le capital, les intérêts, ainsi que les pertes de profit du partenaire. Cette situation soulève des questions sur la façon dont l’État gérera l’automatisation des péages à l’avenir et sur les conséquences budgétaires de cette résiliation. Dans un contexte économique délicat, le gouvernement affirme son engagement à rationaliser la gestion de ses ressources tout en modernisant les infrastructures essentielles du pays.
Esther Grace


