Marc Leynaert, directeur général de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam)
(LVDE) – Dans une lettre adressée au ministre du Commerce le 13 novembre 2025, Marc Leynaert, directeur général de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), appelle à une régulation stricte des importations de sucre. Avec le lancement de la campagne sucrière 2025-2026, il met en avant l’importance de soutenir la production nationale et de maintenir l’emploi local.
Le 13 novembre 2025, une correspondance cruciale a été envoyée au ministre du Commerce par Marc Leynaert, le directeur général de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). Dans ce message, Leynaert s’oppose fermement à l’importation de sucre, déclarant qu’une telle démarche ne serait ni justifiée ni opportune à l’heure actuelle. Cette déclaration intervient en préambule à la campagne sucrière 2025-2026, pour laquelle Sosucam propose un cadre strict concernant les importations.
Selon Leynaert, l’importation de sucre pourrait avoir des conséquences désastreuses pour le marché local, menaçant de déstabiliser la production nationale et de mettre en péril les emplois ainsi que la valeur ajoutée que la société génère sur le territoire. Loin d’être une nécessité, il souligne qu’il y a déjà plus de 100 000 tonnes de sucre disponibles dans le pays : 70 000 tonnes provenant de la raffinerie de Douala et 30 000 tonnes importées à des fins de distribution et d’industrie. Ainsi, il n’y aurait aucune raison valable d’augmenter les volumes importés.
Sosucam est non seulement conscient de la situation du marché, mais elle est également prête à mobiliser un important personnel pour répondre aux besoins locaux. Leynaert annonce qu’environ 8 000 employés, en plus de 1 500 sous-traitants, sont en mesure de garantir la production nécessaire, éliminant ainsi le besoin de recourir aux importations.
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Le contexte de cette déclaration revêt une importance particulière. En effet, la société a récemment traversé une crise sociale majeure qui a paralysé son fonctionnement du 26 janvier au 8 février 2025. Ce mouvement, initié par des coupeurs de canne mal rémunérés, a conduit à la perte de 50 000 tonnes de canne et à la destruction de 1 000 hectares, engendrant un préjudice s’élevant à 5 milliards FCFA. Bien que la société ait enregistré des pertes de 22 milliards FCFA en 2024, elle a pris des mesures pour offrir de meilleures conditions à ses employés, notamment en augmentant le salaire horaire de 280 à 285 FCFA et en recrutant 600 nouveaux coupeurs pour la campagne actuelle.
Fondée en 1965, Sosucam est majoritairement détenue par des capitaux français à 74 %, tandis que 26 % de ses actions appartiennent à l’État camerounais. La société joue un rôle crucial dans l’économie locale, non seulement par ses plus de 8 000 emplois directs, mais aussi grâce à sa masse salariale annuelle de 14 milliards FCFA, qui soutient de nombreuses familles et entreprises environnantes.
Avec cette nouvelle campagne sucrière, Leynaert et Sosucam montrent leur engagement à renforcer l’autonomie de la production locale de sucre tout en protégeant les emplois. La position de Leynaert est claire : un encadrement rigoureux des importations est essentiel pour faire face aux défis du marché, préserver les intérêts nationaux et garantir la pérennité de l’industrie sucrière camerounaise. L’avenir de Sosucam dépendra de l’équilibre trouvé entre la nécessité d’importations et le soutien à la production locale, une lutte que l’entreprise semble prête à mener.
Raphael Mforlem


