L’ex-Hôtel Hilton de N'Djamena
(LVDE) – C’est lors de la table ronde du Plan national de développement ‘Tchad Connexion 2030’, qui s’est tenue à Abu Dhabi, que le Tchad et le groupe Royal Capital LLC ont officialisé la reprise de l’ancien Hôtel Hilton de N’Djamena, mettant fin à six années de fermeture.
Le paysage hôtelier du Tchad subit une transformation majeure avec la reprise, par le groupe émirati Royal Capital LLC, de l’ex-Hôtel Hilton de N’Djamena, un établissement qui avait cessé ses activités en novembre 2019. Cette annonce a été faite lors de la table ronde du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », qui s’est tenue à Abu Dhabi les 10 et 11 novembre 2025. À cette occasion, le ministre tchadien du Développement touristique, Abakar Rozzi Teguil, a assisté à la signature de l’accord.
La fermeture de l’hôtel avait marqué la fin d’une époque pour le secteur touristique tchadien. Depuis sa fermeture annoncée à la fin d’octobre 2019, l’établissement avait laissé un vide dans une ville qui cherchait à diversifier son offre touristique. Dans une lettre datée du 30 octobre 2019, la direction de Hilton confirmait la décision difficile d’arrêter les opérations, sans en préciser les motifs. Les véritables raisons se sont révélées par la suite, par la voix du propriétaire de l’époque, la société américaine SGI Holding.
SGI avait investi plus de 80 millions de dollars dans la construction de l’hôtel, inauguré en décembre 2015, et avait contracté un prêt de 38 millions de dollars auprès d’un groupement bancaire incluant des institutions telles que la Société générale Tchad et Ecobank. Le directeur général, Mohammed Naeem, avait exprimé son mécontentement face à l’intervention des banques, affirmant que celles-ci avaient exercé l’hypothèque de manière contraire aux termes convenus. Selon lui, la valeur du bien ayant dépassé le montant du prêt initial, un remboursement aurait dû être effectué, ce qui ne s’est pas produit.
D’un autre côté, les autorités tchadiennes avaient une vision différente de la situation. La ministre du Développement touristique de l’époque, Madeleine Alingué, avait précisé que SGI n’avait pas remboursé ses emprunts depuis 2013, malgré plusieurs relances urgentes. L’affaire avait été portée devant les tribunaux, conduisant au transfert du titre foncier au pool bancaire, une décision rendue favorable au créancier. Il semblait que les efforts du gouvernement pour une médiation n’avaient pas abouti, forçant ainsi toutes les parties à se tourner vers le système judiciaire.
Avec la reprise par Royal Capital LLC, l’avenir de l’ancien Hilton semble prometteur. L’exploitation de l’établissement sera assurée par la chaîne hôtelière Rotana, bien établie dans le secteur hôtelier du Moyen-Orient et d’Afrique, ainsi qu’en Europe de l’Est. Cette nouvelle direction est attendue pour revitaliser l’hôtel, et redonner confiance aux investisseurs étrangers au Tchad. Pour le ministre Abakar Rozzi Teguil, cette initiative marque un tournant significatif pour le pays, soulignant l’engagement du gouvernement à relancer le secteur du tourisme.
La réouverture de l’hôtel est considérée non seulement comme un atout pour le secteur touristique, mais également comme une occasion de générer des emplois et de stimuler l’économie locale, à un moment où le Tchad cherche à diversifier ses sources de revenus. Alors que les premières étapes de cette relance se dessinent, les acteurs du secteur ont des yeux rivés sur les évolutions futures, espérant qu’elles seront propices à un renouveau durable dans l’hôtellerie tchadienne.
Sorelle Ninguem


