(LVDE) En partenariat avec le gouvernement camerounais, le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (Cnudh-AC) a organisé le 12 novembre 2025 à Mbankomo un atelier visant à intégrer les Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme dans les secteurs clés de l’exploitation des ressources naturelles.
Le Cameroun a franchi une nouvelle étape dans l’intégration des droits humains dans le secteur des entreprises, à travers un atelier stratégique organisé par le Centre des Nations Unies pour les droits de l’homme et la démocratie en Afrique centrale (Cnudh-AC) en collaboration avec le gouvernement. Ce rendez-vous, qui s’est tenu le 12 novembre à Mbankomo, a pour objectif de renforcer l’application des Principes directeurs des Nations Unies relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme (Pdnu) dans des secteurs cruciaux comme la foresterie, les mines, les agro-industries et les grands projets d’infrastructures.
Cet atelier s’inscrit dans le cadre d’une évaluation continue des Pdnu et vise à examiner les progrès réalisés, tout en identifiant les défis persistants. Selon Nadine Mballa Wilson, officier des droits de l’homme au Cnudh-AC, cet événement répond à des enjeux cruciaux identifiés lors de précédentes évaluations nationales. « Les discussions ont mis en évidence des constatations significatives dans les secteurs minier et environnemental, ainsi que dans les projets d’infrastructure. Ces éléments fournissent une base pour détecter à la fois les défis et les opportunités concernant la prise en compte des droits de l’homme par les entreprises », a-t-elle affirmé.
La participation des communautés locales, souvent affectées par l’exploitation des ressources naturelles, a été au cœur des discussions. Majesté Mvondo Bruno, chef traditionnel de Minkok-Bityli et Président du Réseau des chefs traditionnels de l’Afrique pour la gestion durable de la biodiversité, a réitéré l’importance d’une gestion collaborative des ressources. « Cet atelier nous offre l’opportunité d’évaluer comment les entreprises respectent les droits de l’homme. En tant que représentant des communautés, j’insiste sur la nécessité d’outils qui permettraient aux populations de défendre leurs droits et de comprendre comment sécuriser les investissements en vue d’un développement durable », a-t-il déclaré avec conviction.
Au-delà de l’engagement des communautés, l’atelier a souligné l’importance d’établir un dialogue efficace entre le secteur privé, les acteurs publics et les populations locales. Cette approche participative vise à garantir un équilibre entre développement économique et respect des droits humains. Les défis identifiés dans les discussions reflètent une réalité préoccupante : la nécessité de renforcer la transparence et la responsabilité des entreprises dans leurs activités.
L’initiative s’inscrit dans le cadre des efforts du Cameroun pour se conformer aux normes internationales sur la gestion responsable des ressources naturelles. Le pays s’efforce de garantir une gouvernance qui respecte les droits humains tout en équilibrant les intérêts économiques, écologiques et sociaux. Alors que le monde s’oriente vers une prise de conscience accrue des enjeux environnementaux et sociaux, le Cameroun s’affirme comme un modèle potentiel dans l’intégration de ces principes.
Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si ces initiatives auront un impact tangible sur le terrain. Le succès de cette démarche dépendra de l’engagement véritable de toutes les parties prenantes, y compris les entreprises, pour respecter et promouvoir les droits humains dans une économie en pleine transformation. Par cette démarche, le Cameroun aspire non seulement à protéger ses citoyens, mais également à devenir un acteur clé sur la scène internationale en matière de développement durable et de respect des droits de l’homme dans l’exploitation des ressources naturelles.
Yahaya Idrissou


