Douala Port Authority
(LVDE) – Dans le cadre de la crise post-électorale qui perturbe le bon déroulement des opérations portuaires, le Port de Douala-Bonaberi a mis en œuvre une série de mesures exceptionnelles visant à faciliter l’enlèvement des marchandises et à soutenir les opérateurs économiques touchés par cette situation.
Le 31 octobre 2025, le Port Autonome de Douala (PAD) et sa Régie du terminal à conteneurs (RTC) ont dévoilé une série de mesures d’urgence destinées à améliorer les opérations d’enlèvement des marchandises. En réponse aux troubles qui ont suivi la proclamation de la victoire du président Paul Biya le 27 octobre, ces dispositions, en vigueur du 27 octobre au 3 novembre, incluent une franchise exceptionnelle de stationnement de six jours pour les importateurs et exportateurs ainsi qu’une prorogation de sept jours des remises commerciales en cours.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où de nombreux clients, malgré les autorisations en règle pour retirer leurs marchandises, n’ont pas pu le faire en raison de l’insécurité ambiante. Un responsable du PAD, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a indiqué que beaucoup d’importateurs avaient des craintes quant à la sécurité de leurs camions et cargaisons, craignant des agressions de la part de manifestants. Cette situation a conduit à des pertes financières considérables pour le port, qui se voit contraint de compenser le manque à gagner lié à une baisse d’activité.
Le port de Douala, qui traite entre 75 % et 85 % du fret national, joue un rôle crucial dans l’approvisionnement non seulement du Cameroun, mais également des pays voisins comme le Tchad et la République centrafricaine. Toutefois, le climat d’instabilité actuel pose un risque sérieux pour ses opérations. Selon la note de conjoncture économique du ministère des Finances, bien que le chiffre d’affaires du port ait enregistré une hausse de 25,9 % au premier trimestre 2025, le trafic total a chuté de 6,9 % sur la même période.
Cette contradiction témoigne des défis auxquels le port est confronté, notamment des problèmes structurels liés à la congestion et un temps d’attente moyen des navires qui atteint neuf jours. Les récentes violences n’ont fait qu’aggraver cette situation déjà délicate. En dépit des efforts des autorités portuaires, l’engagement des opérateurs économiques est essentiel pour relancer les activités.
Pour le moment, les responsables du PAD espèrent que les mesures temporaires mises en place contribueront à redynamiser progressivement les opérations et à limiter les pertes économiques. L’initiative vise également à rassurer les clients quant à la sécurité de leurs opérations, tout en soulignant l’importance d’un environnement politique stable pour le bon fonctionnement des activités portuaires.
En somme, le Port Autonome de Douala se retrouve à un carrefour critique. Face aux tensions politiques et aux violences post-électorales, les mesures d’urgence mises en place reflètent un effort pour soutenir non seulement les opérateurs économiques, mais aussi pour préserver la vitalité économique d’une région qui dépend fortement de ce hub logistique. Les prochains jours seront décisifs pour le port et pour l’économie camerounaise, qui espère retrouver sa stabilité et son dynamisme dans un contexte de crise.
Amélie Yandal



