(LVDE) – Suite aux manifestations violentes qui ont éclaté au soir de la proclamation des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, plusieurs entreprises ont subi des actes de pillage et de destruction de la part des manifestants en furie, mettant en péril l’économie camerounaise et les emplois.
L’annonce des résultats de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025, confirmant la victoire du président sortant Paul Biya, a rapidement déclenché des manifestations à travers le Cameroun. Ces rassemblements, initialement appelés « marches pacifiques » par un leader de l’opposition, ont dégénéré en émeutes violentes, ciblant principalement des commerces publics et privés. Les conséquences de ces événements se font cruellement sentir, notamment pour des entreprises comme Orange Cameroun, Société Générale, Tradex, TotalEnergie, Nepture Oil, Bocom, Congelcam…, qui ont été directement touchées par des actes de vandalisme.
Le Groupement des professionnels du pétrole (GPP) a publié un communiqué le 28 octobre 2025, dénonçant les attaques systématiques contre les stations-service. « Depuis le 27 octobre, des groupes de manifestants s’en prennent à nos installations », déplore le GPP, soulignant les risques d’explosivité et les dangers sanitaires que cela pose. Ces entreprises, en plus de créer des milliers d’emplois, contribuent de manière significative à l’économie nationale par le paiement d’impôts et de taxes. « Chaque station-service vandalisée entraîne la perte d’environ 20 emplois directs », précise l’organisation, indiquant que ces actes ont un effet domino sur les PME locales qui dépendent de ces entreprises pour leur survie.
Sur les réseaux sociaux, des vidéos montrent la destruction et le pillage des installations de Tradex, une filiale de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), spécialisée dans la distribution de produits pétroliers. Les stations-service de Neptune Oil, appartenant à Antoine Ndzengué, ainsi que celles de Bocom, détenues par le milliardaire Dieudonnée Bogne, ont également été prises pour cibles.
Mais le vandalisme ne s’est pas limité aux stations-service. À Douala, une agence de la Société Générale été saccagée, avec des équipements informatiques volés, ainsi qu’une agence de la société de téléphonie mobile Orange Cameroun. De même, la chambre froide de Congelcam, dirigée par Sylvestre Ngouchingué, a été pillée, un coup dur pour un acteur majeur contrôlant 80 % du marché du poisson au Cameroun.
Ces événements illustrent les tensions croissantes dans le pays, où le mécontentement social s’exprime par la violence. Bien que les pertes financières des entreprises touchées n’aient pas encore été officiellement évaluées, les conséquences économiques sont déjà palpables. La destruction des infrastructures et la perte d’emplois mettent en péril l’avenir de nombreuses familles camerounaises.
En somme, la crise actuelle souligne non seulement la fragilité du climat politique au Cameroun, mais aussi l’impact direct sur l’économie nationale. Les entreprises, qui jouent un rôle vital dans la création d’emplois et le développement économique, se retrouvent en première ligne face à des troubles qui pourraient avoir des répercussions à long terme sur le tissu économique du pays. Le besoin de dialogue et de réconciliation n’a jamais été aussi pressant pour éviter que ces crises ne se reproduisent à l’avenir.
Amélie Yandal


