(LVDE) – Les nouvelles restrictions sur la circulation des motos-taxis dans les villes de Douala, Garoua et Dschang, instaurées dans un contexte post-électoral tendu, risquent de provoquer des pertes significatives pour les acteurs de ce secteur, affectant à la fois leurs revenus et la mobilité des usagers.
Dans un climat post-électoral marqué par des tensions croissantes et des manifestations dans plusieurs villes du Cameroun, les autorités ont décidé d’imposer des restrictions sur la circulation des motos-taxis. Ces mesures, mises en place le 21 octobre 2025, affecteront particulièrement les conducteurs de motos de Douala, Garoua et Dschang, où la situation économique pourrait se détériorer rapidement.
À Douala, le préfet Sylyac Marie Mvogo a instauré une interdiction de transport par motocycles à titre onéreux dans une vingtaine de quartiers, notamment Deïdo, Bonabéri et Yassa. Les horaires de restriction, allant de 18h à 6h, coïncident avec des périodes critiques, notamment les jours de proclamation des résultats électoraux. Cette interdiction, qui s’ajoute à d’autres restrictions permanentes dans des zones comme Bonanjo et Bonapriso, vise à renforcer la sécurité dans un contexte jugé sensible. Cependant, cette mesure pourrait entraîner une chute de revenus pour de nombreux conducteurs, dont la majorité dépend des courses effectuées en soirée.
À Garoua, la situation est similaire. Le préfet Oumarou Haman Wabi a interdit la circulation des motos-taxis entre 20h et 5h, en réponse à des incidents survenus depuis le 12 octobre. Cette décision, justifiée par des préoccupations de sécurité, pourrait priver les conducteurs de leurs principales heures de travail. Les pertes économiques potentielles se chiffrent en millions FCFA, en particulier dans une ville où les motos-taxis représentent une part importante du transport urbain.
Dschang, quant à elle, subit également l’impact de ces restrictions. Le préfet Itoe Peter Mbongo a imposé une interdiction sur les principaux axes de la ville, en plus d’interdire les manifestations et la vente de carburant non réglementée. Les conducteurs de motos-taxis, souvent perçus comme des acteurs clés du transport local, se voient ainsi contraints de suspendre leurs activités, ce qui pourrait entraîner une diminution drastique de leurs revenus.

Les conséquences de ces restrictions ne se limitent pas aux seuls conducteurs. Les usagers des motos-taxis, qui comptent sur ce mode de transport pour des déplacements rapides, se retrouvent également pénalisés. La mobilité des habitants est entravée, notamment dans des zones où d’autres moyens de transport ne sont pas facilement accessibles. Cela pourrait aggraver l’isolement de certaines communautés et réduire leur accès à des services essentiels.
Sur le plan économique, les pertes s’accumulent. Selon des estimations, un conducteur de moto-taxi pourrait perdre entre 5 000 et 10 000 FCFA par jour, en fonction du nombre de courses annulées. À l’échelle de ces villes, cela pourrait représenter des pertes cumulées de plusieurs millions FCFA pendant la durée de ces restrictions. En outre, la perception négative des motos-taxis comme sources potentielles d’agitation pourrait avoir des répercussions durables sur leur image et leur acceptation par les autorités locales.
L’impact de ces restrictions pourrait également se faire sentir à long terme. Si les conducteurs de motos-taxis ne parviennent pas à compenser leurs pertes financières, cela pourrait mener à un désengagement de la profession, aggravant ainsi le chômage et la précarité dans ces secteurs. Les autorités doivent donc trouver un équilibre entre la sécurité publique et la viabilité économique des conducteurs.
Pour rappel, les mesures restrictives sur la circulation des motos-taxis à Douala, Garoua et Dschang engendrent des conséquences économiques significatives pour les conducteurs et les usagers. Dans un contexte déjà fragile, ces décisions risquent d’aggraver la vulnérabilité économique de nombreux ménages, soulignant la nécessité d’une approche plus équilibrée qui prenne en compte à la fois la sécurité et le bien-être économique des citoyens.
Raphael Mforlem


