(LVDE) – La signature d’un protocole d’accord entre le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie et la société italienne Todini a eu lieu le 16 septembre dernier. Ces barrages ont pour objectif de renforcer la production électrique nationale et de favoriser l’intégration régionale.
Le Gabon, riche de ses ressources hydriques, s’engage résolument vers une nouvelle ère énergétique. Le 16 septembre 2025, le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, a officialisé un protocole d’accord (MoU) avec la société italienne Todini Costruzioni Generali S.p.A., reconnue pour son expertise dans le domaine des infrastructures hydrauliques. Cet accord marque une avancée significative vers la réalisation des barrages de Booué et Tsengué-Lélédi, deux projets essentiels pour le développement énergétique du pays.
Ces infrastructures, une fois opérationnelles, devraient non seulement sécuriser l’approvisionnement énergétique du Gabon, mais aussi diversifier le mix énergétique actuellement dominé par les centrales thermiques. Le projet répond à une nécessité pressante, alors que le pays fait face à une demande croissante en électricité, souvent marquée par des délestages fréquents. En intégrant ces barrages, les autorités gabonaises visent à stabiliser l’approvisionnement en électricité, tout en soutenant la croissance économique des régions du Moyen-Ogooué et de l’Ogooué-Ivindo.
Au-delà des bénéfices nationaux, Libreville projette une vision régionale ambitieuse. Les autorités envisagent une interconnexion électrique avec les pays voisins, notamment le Congo, le Cameroun et la Guinée équatoriale. Cette initiative vise à exploiter pleinement les chutes d’eau encore sous-utilisées du Gabon, permettant ainsi d’intégrer le marché énergétique d’Afrique centrale. Dans cette logique, l’autosuffisance et la complémentarité régionale deviennent des enjeux cruciaux pour le développement énergétique au sein de la sous-région.
Cependant, ce projet n’est pas totalement nouveau. En 2019, des études préliminaires financées par la Banque africaine de développement (BAD) avaient déjà été lancées pour explorer les possibilités d’électrification transfrontalière et de desserte des zones rurales. Malheureusement, en l’absence d’avancées concrètes et de communication officielle, ces projets avaient été mis en veille jusqu’à la récente relance par le gouvernement de transition.
Face à une Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) qui peine à satisfaire une demande en constante augmentation, les autorités ont intégré la relance des barrages de Booué et Tsengué-Lélédi dans le Plan national de développement pour la transition (PNDT). Ce plan stratégique prévoit des investissements massifs pour moderniser le réseau électrique et promouvoir les énergies renouvelables. Entre 2024 et 2026, le Gabon envisage d’investir 1 134,5 milliards de FCFA, soit environ 378 milliards par an, pour financer de nouveaux projets électriques.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte où le Gabon aspire à devenir un acteur clé dans le secteur énergétique régional. Avec la relance de ces projets hydroélectriques, le pays vise à transformer son paysage énergétique tout en contribuant à la durabilité environnementale. L’engagement de la société Todini dans cette aventure représente une opportunité pour le Gabon d’accéder à des technologies avancées et à un savoir-faire éprouvé, renforçant ainsi ses capacités à répondre aux défis énergétiques de demain. Sorelle Ninguem



