(LVDE) – La mise hors d’état de nuire de 131 cartons de whisky, 16 cartons de vin et 10 palettes de bière par la Brigade Mobile des Douanes d’Ambam, le 2 octobre 2025, met en lumière les défis auxquels sont confrontées les autorités face à cette menace croissante, ainsi que les efforts déployés au Cameroun dans la lutte contre la contrebande, essentielle pour la santé publique et l’économie.
La lutte contre la contrebande est devenue une priorité au Cameroun, un pays confronté à de nombreux défis en matière de sécurité et de régulation. Situé à la croisée de plusieurs frontières, le Cameroun est particulièrement vulnérable aux activités illicites. Le 2 octobre 2025, la Brigade Mobile des Douanes d’Ambam a réalisé une saisie impressionnante de 131 cartons de whisky, 16 cartons de vin et 10 palettes de bière, introduits clandestinement depuis la Guinée Équatoriale. Cette opération met en évidence les risques associés à la consommation de boissons non certifiées, qui peuvent menacer la santé des consommateurs.
La contrebande n’est pas seulement une question d’évasion fiscale ; elle soulève également de sérieuses préoccupations pour la santé publique. Les produits non réglementés échappent à tout contrôle qualité, ce qui rend les consommateurs vulnérables à des dangers potentiels. Les autorités sanitaires s’inquiètent de la méconnaissance des risques par le grand public, qui ignore souvent les dangers liés à ces produits.
En outre, la contrebande entraîne des pertes financières significatives pour l’État. Les taxes sur les boissons alcoolisées représentent une source de revenus cruciale, et leur évasion nuit à la capacité de l’État à financer des services publics essentiels. Ce constat souligne l’importance d’une lutte efficace contre cette pratique, qui est devenue incontournable pour les autorités camerounaises.
Les agents douaniers font face à des défis opérationnels considérables dans leur combat contre la contrebande. La surveillance des frontières est complexe et souvent entravée par un manque de ressources adéquates. Les vastes zones à couvrir rendent difficile la détection des activités illégales. Bien que la saisie récente de boissons alcoolisées soit le fruit d’une vigilance accrue, ces succès demeurent l’exception plutôt que la règle.
La corruption au sein des forces de l’ordre complique également la situation. Certains agents peuvent être tentés d’accepter des pots-de-vin, favorisant l’impunité et permettant à la contrebande de prospérer. Des études montrent que ce phénomène est courant dans de nombreux pays en développement, y compris au Cameroun, où la corruption douanière constitue un problème majeur.
La coopération entre les différents acteurs est essentielle pour lutter efficacement contre la contrebande. Les autorités douanières doivent collaborer avec d’autres agences gouvernementales et des acteurs privés afin d’établir un réseau de surveillance opérationnel. Cependant, cette collaboration est souvent entravée par des silos institutionnels et un manque de communication entre les entités concernées.
Pour surmonter ces défis, il est crucial d’accroître la sensibilisation du public et des acteurs économiques. Les autorités douanières soulignent l’importance de l’éducation au sein de la population. Informer le public sur les dangers des produits non réglementés pourrait réduire la demande. Des campagnes de sensibilisation ciblées pourraient jouer un rôle clé dans cette lutte.
La coopération internationale est également primordiale. Étant donné que le Cameroun partage des frontières avec plusieurs pays, une approche régionale serait bénéfique. Des accords bilatéraux visant à renforcer la surveillance aux frontières pourraient diminuer considérablement le flux de produits illicites. Les succès observés dans d’autres régions du monde montrent que la coopération transfrontalière est un outil efficace pour lutter contre la contrebande.
Anatole Bidias


