(LVDE) – Lors de la réunion du 29 septembre 2025, la Banque des États de l’Afrique Centrale a décidé de maintenir ses taux directeurs inchangés, malgré des prévisions de croissance assombries pour la sous-région. Cette décision souligne une approche prudente face à des défis économiques croissants.
Le 29 septembre 2025, le Comité de pilotage monétaire de la Banque des États de l’Afrique Centrale (Beac) s’est réuni par visioconférence pour examiner la situation économique de la sous-région. Confrontée à des perspectives de croissance dégradées, l’institution monétaire a choisi de maintenir ses principaux taux directeurs, une décision qui reflète une orientation prudente déjà observable lors de sa précédente session en juin 2025.
Sur le plan international, la Beac a fondé ses analyses sur les dernières données fournies par le Fonds monétaire international (FMI). Dans ses prévisions économiques mondiales publiées en juillet 2025, le FMI a anticipé une croissance mondiale de 3 % pour 2025, en baisse par rapport à 3,3 % en 2024, avec une légère reprise à 3,1 % attendue en 2026. Ce ralentissement est attribué à une contraction des échanges commerciaux et des investissements dans de nombreux pays développés, plongeant la Cemac dans un contexte externe moins favorable.
En ce qui concerne la croissance économique de la sous-région, les prévisions actualisées de la Beac indiquent un Produit Intérieur Brut (PIB) réel en croissance de 2,6 % pour 2025, en légère baisse par rapport à 2,7 % en 2024. Cette stagnation est principalement due à une contraction significative des secteurs pétroliers et gaziers, qui devraient enregistrer une baisse de 1,5 % en 2025, après une chute de 0,4 % l’année précédente. En revanche, les secteurs non pétroliers devraient progresser de 3,2 %, affichant une stabilité par rapport à 2024.
Ces nouvelles projections contrastent avec celles de la dernière session, où la banque centrale tablait sur une croissance légèrement plus optimiste de 2,9 %. En l’espace de trois mois, les prévisions ont donc été révisées à la baisse de 0,3 point, soulignant la persistance de la dépendance de la région aux hydrocarbures.
Concernant l’inflation, la Beac a noté une amélioration significative. Après avoir atteint 4,1 % en 2024, l’inflation moyenne dans la zone devrait redescendre à 2,6 % d’ici fin 2025, se plaçant ainsi en dessous de la norme communautaire de 3 %. En juin, les prévisions de la banque centrale anticipaient déjà un taux d’inflation de 2,8 %, suggérant un reflux durable des tensions inflationnistes amorcé au début de l’année.
Cependant, la Beac a également signalé une détérioration des équilibres externes et budgétaires. Le déficit du compte courant devrait atteindre -2,2 % du PIB en 2025, comparé à -0,2 % en 2024, tandis que le déficit budgétaire, hors dons, passera de -1 % à -1,3 % du PIB.
Les réserves de change, bien qu’en baisse de 7 % d’ici la fin de l’année, demeurent satisfaisantes selon les normes internationales, représentant 4,6 mois d’importations de biens et services, contre 4,8 mois en 2024. Le taux de couverture extérieure de la monnaie, indicateur clé de la stabilité du Franc CFA, est estimé à 73,2 %, en légère baisse par rapport à 74,9 % un an auparavant.
Dans ce contexte complexe, le CPM a maintenu le taux directeur des appels d’offres à 4,5 %, le taux de la facilité de prêt marginal à 6 %, et le taux de la facilité de dépôt à 0 %. Les coefficients de réserves obligatoires restent également à 7 % pour les dépôts à vue et 4,5 % pour les dépôts à terme.
Il est également intéressant de noter que dans l’espace Uemoa, la Bceao a pris une décision similaire, maintenant ses taux directeurs avec un taux minimum de soumission aux appels d’offres d’injection de liquidité fixé à 3,25 %, tandis que le taux marginal reste à 5,25 %. Ce consensus au sein des institutions monétaires de la région souligne une approche collective face à des défis économiques croissants.
Tressy Chouente


