(LVDE) – Nestlé a annoncé hier le licenciement de son directeur général, Laurent Freixe, un an après sa nomination, en raison d’une relation amoureuse non divulguée avec une subordonnée, marquant un tournant dans la gouvernance de l’entreprise.
Le géant agroalimentaire Nestlé fait face à une tempête de communication après le licenciement inattendu de son directeur général, Laurent Freixe. Cette décision, annoncée le 28 août 2025, a secoué les fondations de l’entreprise, alors que Freixe venait tout juste de célébrer un an à la tête de la société. Son mandat, qui avait pour objectif de redynamiser une croissance stagnante, a été brusquement interrompu en raison d’une liaison non déclarée avec une subordonnée directe, en violation du Code de conduite professionnelle de Nestlé.
L’affaire a débuté en mai, lorsque des signalements internes ont alerté le conseil d’administration sur la situation. En réponse, une enquête a été diligentée, dirigée par Paul Bulcke, président de Nestlé, et Pablo Isla, administrateur principal indépendant. Un avocat externe a également été engagé pour garantir la transparence du processus. Les résultats de cette enquête ont confirmé les allégations de relation non divulguée, que Freixe a cependant niées.
Cette situation met en lumière les normes de gouvernance au sein de l’entreprise. Selon le Code de conduite de Nestlé, toute relation entre des employés doit être signalée aux ressources humaines, indépendamment de leur position hiérarchique. Un ancien cadre du groupe a souligné que les temps ont changé et que les règles doivent s’appliquer à tous. « Ce qui était acceptable par le passé ne l’est plus aujourd’hui », a-t-il déclaré, évoquant le besoin croissant de transparence et d’éthique dans le monde des affaires.
Paul Bulcke a commenté cette décision, affirmant qu’elle était « nécessaire » pour maintenir les valeurs fondamentales de l’entreprise. Il a remercié Freixe pour ses contributions au cours de son mandat, tout en soulignant que les principes de gouvernance de Nestlé sont essentiels pour la crédibilité de l’entreprise. En conséquence, Philipp Navratil, un membre du comité exécutif de Nestlé depuis début 2025, a été nommé pour le remplacer avec effet immédiat. Navratil a une expérience de plus de vingt ans dans les activités café du groupe, ce qui devrait permettre une transition fluide.
Cette affaire ne se limite pas à un simple changement de direction. Elle soulève des questions sur la culture de la gouvernance au sein de grandes entreprises. Les entreprises modernes doivent naviguer sur des eaux de plus en plus tumultueuses, où la transparence et l’éthique sont devenues des impératifs. Ce licenciement illustre la volonté de Nestlé de se conformer à ces standards, mais il pourrait également avoir des répercussions sur la morale des employés et la réputation de l’entreprise.
Alors que la direction de Nestlé se prépare à aborder cette nouvelle ère sous la direction de Navratil, les observateurs de l’industrie se demandent comment cette situation affectera la stratégie de l’entreprise à court et long terme. Freixe, qui avait pour mission de relancer la croissance de Nestlé, laisse derrière lui un héritage de questions sur les valeurs de leadership et la responsabilité personnelle dans le monde des affaires.
Dans un secteur où la perception du public est cruciale, Nestlé devra désormais travailler dur pour regagner la confiance de ses employés et de ses consommateurs. Ce licenciement rappelle que même les leaders les plus influents ne sont pas au-dessus des règles et que la gouvernance d’entreprise doit être appliquée sans compromis.
Tressy Chouente


