(LVDE) – L’accord entre Ethiopian Investment Holdings et le Groupe Dangote pour construire une usine d’engrais à Gode, visant à renforcer l’autonomie agricole de ce pays d’Afrique et à stimuler son économie, a été signé le 28 août 2025.
C’est un tournant majeur pour l’agriculture en Éthiopie. Le 28 août 2025, Aliko Dangote, figure emblématique du secteur industriel africain, a paraphé un accord avec Ethiopian Investment Holdings (EIH) pour l’implantation d’une usine d’engrais à Gode, une ville située dans le sud-est du pays. Ce projet ambitieux, évalué à 2,5 milliards de dollars, devrait avoir un impact significatif sur la production agricole locale, en visant une capacité de production de 3 millions de tonnes d’engrais par an.
La construction de ce complexe devrait s’étendre sur une période de 40 mois, période durant laquelle les travaux vont transformer le paysage économique de la région. Selon les termes de l’accord, l’État éthiopien détiendra 40 % de l’entreprise, tandis que le groupe Dangote conservera 60 %. Cette répartition des parts souligne l’engagement du gouvernement éthiopien à renforcer ses capacités industrielles tout en collaborant avec des acteurs privés.
Dans une déclaration, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a souligné l’importance de ce projet pour le pays. « Ce développement va générer des emplois locaux, garantir un approvisionnement fiable en engrais pour nos agriculteurs et marquer une étape décisive vers notre souveraineté alimentaire », a-t-il affirmé. Cette initiative répond à un besoin urgent : l’Éthiopie a importé environ 1,55 million de tonnes d’engrais en 2024, ce qui a entraîné une fuite significative de devises.
L’impact économique de cette usine pourrait être colossal. L’agriculture, qui représente 36 % du produit intérieur brut (PIB) du pays, est également à la source de 80 % des exportations et de l’emploi. En réduisant la dépendance aux importations d’engrais, ce projet pourrait non seulement stabiliser le marché local, mais aussi améliorer la productivité agricole, essentielle pour la sécurité alimentaire.
Pour Aliko Dangote, cet investissement s’inscrit dans une stratégie plus large de développement industriel à travers le continent africain. Déjà implanté dans dix pays avec des cimenteries, il a également lancé une plateforme d’engrais au Nigeria, opérationnelle depuis trois ans, ayant une capacité similaire de 3 millions de tonnes. Dans un monde où la sécurité alimentaire devient un enjeu majeur, Dangote voit en ce projet une opportunité de transformer le paysage agricole africain.
Les retombées économiques de cette usine pourraient également entraîner une diversification des cultures et une amélioration des rendements, des aspects cruciaux pour un pays qui aspire à réduire sa vulnérabilité face aux fluctuations des marchés internationaux.
Ce développement constitue une réponse stratégique aux défis auxquels fait face l’Éthiopie, notamment la nécessité d’améliorer son autonomie alimentaire et de créer des opportunités d’emploi. En favorisant l’industrialisation et en soutenant les agriculteurs locaux, l’accord entre Dangote et le gouvernement éthiopien pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour l’agriculture éthiopienne, tout en offrant un modèle à d’autres nations africaines en quête de développement durable.
La construction de cette usine d’engrais est sans aucun doute un pas vers l’avenir, un avenir où l’Éthiopie pourrait devenir un leader régional en matière de production agricole, capable de nourrir non seulement sa population, mais aussi d’exporter ses produits vers d’autres marchés. Sorelle Ninguem



