(LVDE) – Le 22 août 2025, le think-do-tank The Okwelians a dévoilé son premier Livre Vert, fruit d’une collaboration de plus de 300 participants, proposant une nouvelle vision pour le développement économique du Cameroun.
C’est un document de 36 pages, élaboré après un sommet économique international tenu en mars dernier, que The Okwelians a présenté le 22 août 2025 à Yaoundé. Ce think-do-tank, fondé en février 2020, a rassemblé plus de 3 200 Camerounais aux quatre coins du globe pour réfléchir à des solutions innovantes en faveur du développement du pays. L’événement a marqué une étape clé dans la quête d’une prospérité inclusive et durable pour le Cameroun.
Le Livre Vert dresse un état des lieux alarmant. Selon la Banque africaine de développement, 9 millions de Camerounais vivent dans des conditions de pauvreté, dont 56 % dans les régions du Nord. Le chômage, quant à lui, a bondi de 3,84 % en 2020 à 6,1 % en 2024. De plus, le déficit de la balance commerciale, supérieur à 2 000 milliards FCFA, témoigne d’une forte dépendance de l’économie nationale vis-à-vis de l’extérieur. En matière d’accès à l’énergie, les disparités sont criantes : alors que 90 % de la population urbaine est électrifiée, ce chiffre chute à 20 % en zone rurale, freinant le développement d’activités dans des régions riches en ressources naturelles.
The Okwelians se distingue par une approche participative et novatrice. En utilisant l’analyse Pestel (Politique, Économique, Social, Technologique, Environnemental, Légal) et en intégrant des évaluations d’impact, le think tank a pu hiérarchiser les priorités de manière collective. Cette démarche inclusive, impliquant institutions publiques, secteur privé, monde académique et diaspora, remet en question les méthodes traditionnelles souvent cloisonnées, affirmant ainsi la conviction que des leaders unis par des valeurs communes peuvent transformer durablement le pays.
Le Livre Vert propose quatre recommandations stratégiques. La première prône l’intégration de la durabilité au cœur de la transformation structurelle, avec la création d’une Feuille de route nationale dédiée et un investissement d’au moins 1 % du PIB dans la recherche et le développement. La deuxième recommandation appelle à établir un partenariat de confiance entre l’État, le secteur privé et la société civile, via une plateforme multi-acteurs pour mettre en œuvre la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30).
Le troisième pilier vise à transformer l’État en un acteur stratège et facilitateur, avec la création d’un Observatoire Open Data et le renforcement des capacités des administrations publiques. Enfin, la quatrième recommandation se concentre sur l’attractivité économique, encourageant le lancement d’une stratégie nationale « Invest in Cameroon » et une approche coordonnée dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Le document introduit également des concepts novateurs, tels que celui de « villes vivables », qui nécessiterait la création d’une Agence nationale pour la transformation des territoires. La valorisation des savoirs endogènes est également mise en avant, avec la proposition d’un portail cartographique des savoirs traditionnels et d’une stratégie de lutte contre le pillage culturel. L’innovation verte est au cœur des préoccupations, avec la création d’un Institut pour l’Innovation Verte, visant à positionner le Cameroun comme un leader dans le secteur énergétique du Bassin du Congo.
Le patriotisme économique est également renforcé par la mise en place d’un label « Made in Cameroon », qui favorisera la production locale. Un plan de transformation numérique des PME est aussi prévu, comprenant la création d’un groupe de travail sur l’intelligence artificielle, en lien avec la stratégie continentale de l’Union africaine.
Pour assurer la mise en œuvre de ces recommandations, The Okwelians a prévu un système de suivi basé sur des indicateurs économiques, sociaux et environnementaux. La diffusion du Livre Vert sera amplifiée par les médias traditionnels et numériques, avec des événements organisés à travers le pays.
Raphael Mforlem


