(LVDE) – Le protocole d’accord visant à installer des lampadaires solaires intelligents dans les villes de Douala, Yaoundé et Bafoussam, marquant un tournant vers une gestion énergétique plus efficace, a été conclu le 7 août 2025 entre l’État du Cameroun et l’entreprise espagnole.
Le 7 août 2025, à Yaoundé, un accord significatif a été signé entre le gouvernement camerounais, représenté par le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, et la société espagnole Salvi Lighting Barcelona. L’objectif : une étude préliminaire pour l’installation de luminaires LED à haut rendement, de lampadaires solaires et d’un système intelligent de gestion de l’éclairage public dans plusieurs grandes villes du pays. Ce projet ambitieux se concentrera sur l’implantation de 100 000 lampadaires, principalement dans les métropoles de Douala, Yaoundé et Bafoussam.
Ce projet répond à un besoin pressant d’économies financières et énergétiques dans le secteur de l’éclairage urbain. Selon Eloundou Essomba, l’analyse d’un échantillon de luminaires de 250 W révèle des économies potentielles sur les factures d’éclairage public d’au moins 4 milliards FCFA par an. En parallèle, une amélioration significative de l’éclairement est attendue, avec une réduction de la demande de près de 15 MW pendant les heures de pointe.
L’initiative ne se limite pas à remplacer des lampadaires énergivores par des modèles plus efficaces. Elle inclut également la mise en place de Smartec, un système de gestion et de contrôle à distance. Javier Elizalde, président de Salvi Lighting Barcelona, a souligné que Smartec représente une avancée majeure : « C’est une plateforme de gestion en temps réel qui garantit transparence, flexibilité et efficacité opérationnelle sans précédent. »
Le protocole signé à Yaoundé déclenche une série d’études visant à valider les termes de référence du projet. Cela comprend l’identification des sites d’installation, des relevés sur le terrain, l’évaluation des quantités nécessaires et l’estimation des coûts, ainsi que l’analyse des économies d’énergie possibles et de la rentabilité financière. Ce n’est qu’après cette phase que le coût total du projet sera établi.
L’éclairage public est souvent source de tensions entre Eneo, le distributeur exclusif d’électricité au Cameroun, et les municipalités. Actuellement, ces dernières manquent d’un réseau moderne d’éclairage, et la facturation se base sur le nombre de lampadaires installés, sans accord clair sur le nombre de ceux en fonctionnement. En septembre 2023, Eneo avait estimé que la facture d’éclairage public s’élevait à 68,8 milliards FCFA, soulignant ainsi la nécessité d’une réforme dans ce secteur.
Ce projet d’éclairage public intelligent pourrait transformer le paysage urbain camerounais, apportant non seulement des économies substantielles, mais aussi une meilleure qualité de vie pour les habitants. En intégrant des technologies modernes et des méthodes de gestion efficaces, le Cameroun s’engage sur la voie d’un avenir énergétique plus durable, tout en favorisant des solutions innovantes pour le bien-être des citadins.
Anatole Bidias



