Siege de la Banque Africaine de Developpement a Abidjan
(LVDE) – Dans son rapport annuel, l’institution indique que même une taxation modérée pourrait perturber la croissance économique du Cameroun, en particulier dans des secteurs clés tels que les hydrocarbures et l’agriculture.
La Banque africaine de développement (BAD) vient de rendre public son rapport annuel sur le Cameroun, et les nouvelles qu’il contient sont préoccupantes. L’institution met en lumière les risques liés à un renforcement des droits de douane imposés par les États-Unis sur les exportations camerounaises. Selon ses analyses, une augmentation des tarifs douaniers, même modeste, pourrait avoir des répercussions significatives sur l’économie nationale.
Le rapport fait écho à des informations récentes rapportées par l’agence Reuters, qui a révélé que le président américain Donald Trump a signé un décret instaurant un droit de douane de 15 % sur certains produits importés de plusieurs membres de la Cemac, incluant le Cameroun, le Tchad et la Guinée équatoriale. Cette mesure, qui entrera en vigueur le 7 août, pourrait frapper durement des secteurs essentiels tels que les hydrocarbures, le cacao, le bois et le caoutchouc naturel.
La BAD avertit que même une taxation fixée à 11 % suffirait à altérer la trajectoire de croissance du pays, à réduire la demande extérieure et à dégrader le solde du compte courant. Bien que les États-Unis ne figurent pas parmi les dix premiers partenaires commerciaux du Cameroun, leurs importations, bien que limitées, pourraient exercer un effet d’entraînement sur la balance des paiements. Une contraction de la demande, associée à un ralentissement chez les principaux partenaires économiques du Cameroun, pourrait exacerber les tensions sur les comptes extérieurs.
Les implications d’une telle décision sont d’autant plus préoccupantes dans un contexte mondial marqué par des incertitudes économiques. Les échanges internationaux sont fragiles, et une baisse des ventes sur le marché américain pourrait avoir un effet domino sur l’activité économique globale du Cameroun. La BAD souligne que la santé économique du pays est étroitement liée à la stabilité de ses échanges avec ses partenaires commerciaux.
Cependant, l’institution nuance son diagnostic en identifiant certains facteurs d’atténuation. Par exemple, une éventuelle dépréciation du dollar pourrait alléger le coût du service de la dette extérieure, dont près de 30 % est libellée en cette devise. Cela pourrait se traduire par une réduction estimée de 7,9 % des charges de remboursement en 2025. De plus, les réserves de change de la Cemac semblent sur une trajectoire de croissance, avec un gain anticipé de 610 millions de dollars l’an prochain.
L’analyse de la BAD révèle donc une dualité : si une augmentation des droits de douane américains pourrait nuire à l’économie camerounaise, certains éléments pourraient atténuer cet impact. L’ampleur des conséquences dépendra des mesures prises par les États-Unis et des dynamiques macroéconomiques mondiales dans les mois à venir.
Amelie Yandal


