Christian Kerangall, homme d'affaires franco-gabonais et actionnaire de BGFIbank
(LVDE) – Initialement prévue le 31 juillet dernier, l’introduction en bourse de BGFI Holding Corporation (BHC) a été reportée en raison d’un climat de tension exacerbé par l’opposition de Christian Kerangall, un magnat franco-gabonais et actionnaire influent de l’institution financière. Analyse des motifs qui font obstacle et du contexte juridique qui entrave la réalisation de ce projet stratégique, dans cette édition.
L’assemblée générale extraordinaire de BGFIbank, tenue le 28 juillet 2025, a suscité un mélange d’optimisme et de préoccupation. Alors que la direction de la banque annonçait un projet d’introduction en bourse, une opposition significative s’est manifestée, orchestrée par Christian Kerangall, un magnat franco-gabonais et actionnaire influent. Ce dernier, reconnu pour son rôle prépondérant dans le secteur bancaire gabonais, incarne un front de résistance face à ce changement stratégique.
L’introduction en bourse, envisagée comme un moyen de lever des fonds pour renforcer le capital et diversifier les investissements, apparaît pourtant risquée aux yeux de Kerangall. Selon des sources internes, l’actionnaire craint que cette opération ne dilue sa participation et n’affaiblisse son contrôle sur la banque. En effet, une entrée en bourse pourrait ouvrir la voie à de nouveaux actionnaires, modifiant ainsi la dynamique de pouvoir au sein de l’établissement.
De plus, des préoccupations concernant la valorisation de la banque et l’évaluation de son potentiel de croissance dans un marché bancaire en mutation rapide viennent alimenter les doutes de Kerangall. Les statistiques récentes indiquent que le secteur bancaire au Gabon, bien que profitable, fait face à des défis de rentabilité et de concurrence accrue. En 2023, le produit net bancaire des banques gabonaises a enregistré une croissance de seulement 2 %, selon la Commission bancaire de l’Afrique centrale. Dans ce contexte, une introduction en bourse pourrait être perçue comme prématurée, voire risquée.
Un autre élément clé de cette opposition réside dans les implications juridiques de l’introduction en bourse. Kerangall a initié des démarches judiciaires pour contester le processus, arguant que les décisions prises par la direction de la banque ne respectent pas les statuts et les réglementations en vigueur. Ce recours en justice vise à suspendre toute avancée vers l’introduction, tout en mettant en lumière des divergences internes sur la stratégie de développement de BGFIbank.
Parallèlement, le climat économique mondial et local joue un rôle crucial dans cette situation. L’incertitude économique, exacerbée par des fluctuations des matières premières et une inflation galopante, incite à la prudence. Le rapport de la Banque mondiale sur le Gabon souligne une prévision de croissance modérée, projetée à 3,5 % pour 2025, ce qui incite les acteurs du secteur à adopter une approche conservatrice.
Il est également essentiel de mentionner que l’action de Kerangall ne se limite pas à une simple défense de ses intérêts personnels. Il s’agit d’une réaction face à un environnement financier en pleine évolution, où les acteurs historiques doivent naviguer entre tradition et innovation. La digitalisation des services bancaires et l’émergence de fintechs représentent à la fois une menace et une opportunité. Dans ce cadre, Kerangall pourrait envisager d’autres stratégies d’expansion qui ne nécessitent pas une introduction en bourse immédiate.
Tressy Chouente



