(LVDE) – Peu desservie en termes de connectivité en raison de son mauvais état, la route Mora-Dabanga-Kousseri, un axe stratégique de la région de l’Extrême-Nord du Cameroun, entre dans une phase cruciale avec l’attribution des travaux de finition à trois entreprises.
Vitale pour le désenclavement de l’Extrême-Nord du Cameroun, la route Mora-Dabanga-Kousseri, se rapproche de son achèvement avec l’annonce récente de nouveaux prestataires pour les tronçons restants. Ce projet d’infrastructure, qui a pour but d’améliorer la circulation et le transport dans une région où seulement 2,70 % des routes étaient bitumées au dernier bilan du 10 mars 2023, est désormais en bonne voie grâce à l’engagement de l’État du Cameroun et de plusieurs entreprises.
Dans un communiqué daté du 30 juillet 2025, le ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a confirmé que les entreprises Somaf Metag Insac, Hatlad Construction et Zonglan International ont été retenues pour finaliser les travaux de réhabilitation de cet axe important. Le Groupe Somaf a été attribué au tronçon Tchakamari-Waza, d’une longueur de 41 km, avec un budget de 45,1 milliards FCFA. Le Groupement Hatlad Construction, quant à lui, s’occupera du lot Waza-Zizagué, qui s’étend sur 46,5 km et est financé à hauteur de 51,2 milliards FCFA. Enfin, Zonglan International prendra en charge deux sections distinctes : Zizagué-Kabo II (53,4 km) et Kabo II-Kousséri (44,5 km), cette dernière comprenant une voie de contournement de 7 km à Kousseri, pour un coût total de 94,1 milliards FCFA.
Les travaux porteront principalement sur l’axe Tchakamari-Kousséri, la dernière portion à être réhabilitée sur la route Mora-Dabanga-Kousseri. La section Mora-Tchakamari est déjà en chantier depuis avril 2024, avec un taux d’avancement estimé à 53,73 % au 5 juillet 2025, selon les autorités compétentes. Ce chantier inclut la construction de 21 ouvrages hydrauliques, ainsi que le terrassement et la mise en place du bitume sur 10 km, dans un linéaire total de 22 km. Réalisé par l’entreprise Sotcocog SA, ce segment coûte 12,2 milliards FCFA et est supervisé techniquement par le groupement Alpha Consult/ACE Ingénieurs Conseils.
Le démarrage des travaux sur les linéaires restants est prévu dans les tout prochains jours, marquant ainsi une nouvelle étape dans la mise en œuvre d’un projet annoncé en 2023. Le 20 juin de cette année-là, la Banque mondiale a validé un financement de 188,6 milliards FCFA pour la réhabilitation de cet axe crucial, dont 160,042 milliards FCFA sous forme de prêts et 28,580 milliards FCFA en dons.
Cette infrastructure revêt une importance stratégique pour la région. En effet, elle constitue un maillon essentiel du corridor Douala-N’Djamena, long de 2 100 km, qui représente près de 35 % du PIB du Cameroun. Ce corridor dessert environ 35 % des populations camerounaises et 20 % des populations tchadiennes, facilitant chaque année le transit de marchandises d’une valeur de 350 milliards FCFA.
Ainsi, l’achèvement de la route Mora-Dabanga-Kousseri ne se limite pas seulement à un projet d’infrastructure ; il s’agit également d’un levier de développement économique pour l’Extrême-Nord, ouvrant des perspectives nouvelles pour les habitants et les entreprises de la région. Avec l’engagement des entreprises retenues et le soutien des bailleurs de fonds, la région espère voir une amélioration significative de sa connectivité et de son développement socio-économique dans un avenir proche.
Raphael Mforlem


