(LVDE) – L’entreprisse a clôturé l’exercice 2024 avec un bénéfice net de 20,5 milliards FCFA, marquant une hausse significative par rapport à l’année précédente. Cette performance, révélée lors d’une session du Conseil d’administration le 11 juillet 2025 à Yaoundé, souligne les enjeux et défis du secteur électrique camerounais.
Electricity Development Corporation (EDC), l’entité publique en charge des infrastructures électriques au Cameroun, a enregistré des résultats financiers impressionnants pour l’exercice 2024. Avec un bénéfice net atteignant 20,5 milliards FCFA, l’entreprise affiche une augmentation de 8,5 milliards FCFA par rapport à l’année précédente, soit une hausse de 70,8 %. Ce nouveau record, établi pour la deuxième année consécutive, a été annoncé lors d’un Conseil d’administration qui s’est tenu le 11 juillet 2025 à Yaoundé.
Cette performance remarquable découle de plusieurs facteurs clés. L’un des principaux moteurs de cette croissance est la vente directe d’électricité à Eneo, le principal distributeur du pays. Les centrales hydroélectriques de Memve’élé, avec une capacité de 211 MW, et de Lom Pangar, de 30 MW, ont joué un rôle crucial. La centrale de Lom Pangar, en particulier, a été pleinement opérationnelle depuis le début de l’année 2024, contribuant significativement aux revenus d’EDC.
Un autre élément ayant impacté positivement les résultats est l’augmentation des droits d’eau perçus par EDC. Grâce à la régulation des débits sur le fleuve Sanaga, les droits d’eau ont enregistré une hausse notable, notamment suite à l’entrée en production de la centrale de Nachtigal, d’une capacité de 420 MW. Cette nouvelle infrastructure s’ajoute aux barrages d’Edéa et de Songloulou, tous soumis à des obligations de paiement à EDC.
Le chiffre d’affaires total de l’entreprise a ainsi atteint 141,7 milliards FCFA en 2024, soutenu par des réformes managériales axées sur la rationalisation des coûts. Ces efforts ont permis à EDC de réaliser un bénéfice record, renforçant sa position sur le marché énergétique.
Cependant, malgré ces résultats financiers prometteurs, la situation de la trésorerie d’EDC demeure préoccupante. Les arriérés de paiements dus par Eneo, concernant les droits d’eau et les factures d’électricité, continuent de peser lourdement sur les finances de l’entreprise. Eneo, de son côté, justifie ses retards de paiement par les créances accumulées vis-à-vis de l’État camerounais et des collectivités territoriales, rendant ainsi la situation économique d’EDC d’autant plus fragile.
Cette dynamique de paiement a des conséquences directes sur la capacité d’EDC à investir dans de nouveaux projets ou à maintenir ses infrastructures. Les retards de paiement de la part d’Eneo, contrôlé par le fonds d’investissement britannique Actis, conditionnent souvent le règlement des factures d’EDC, ce qui perpétue un cycle d’insolvabilité.
Anatole Bidias


