Photo illustrative de la cocaïne
(LVDE) – Dissimulée dans des fûts en plastique, la cargaison, considérée comme l’une des plus importantes jamais saisies sur la plateforme aéroportuaire de la capitale économique camerounaise, a été interceptée par les agents de la douane.
Le 18 juillet dernier, une opération spectaculaire a eu lieu à l’aéroport international de Douala, où les autorités douanières ont intercepté une cargaison impressionnante de chlorhydrate de cocaïne. Cette saisie, qui s’élève à 200 kilogrammes, est la plus importante enregistrée au Cameroun depuis le début de l’année 2025. La drogue, soigneusement dissimulée dans des fûts en plastique en provenance d’Europe, est estimée à près de 15 millions de dollars, soit environ 9 milliards FCFA.
Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts renforcés de sécurisation des frontières menés par la douane camerounaise, sous la direction du ministre des Finances, Louis Paul Motaze. Dans un communiqué publié le 21 juillet, les autorités ont qualifié cette saisie d’« historique », témoignant ainsi de leur engagement à combattre le fléau du trafic de drogue qui menace la société camerounaise.
Pour mettre cette saisie en perspective, il convient de rappeler qu’en avril 2025, les agents douaniers avaient déjà intercepté 70 kg de drogue, d’une valeur estimée à 1,7 milliard de FCFA. À l’époque, les substances prohibées, comprenant de la cocaïne, de la méthamphétamine et de l’éphédrine, avaient été dissimulées dans des pompes à air modifiées en provenance d’Afrique du Sud, rendant leur détection particulièrement difficile.
Malgré ces succès, la lutte contre le trafic de drogue reste un défi de taille. Les statistiques du ministère de la Santé publique, publiées en 2024, révèlent l’ampleur du problème. Sur les 2 057 patients suivis dans les Centres d’accompagnement en addictologie, on dénombre 689 consommateurs de cannabis, 378 d’alcool, 366 de tabac, et 219 de cocaïne. D’autres substances telles que le tramadol et les amphétamines sont également présentes, avec respectivement 260 et 24 cas.
La situation souligne une réalité troublante : bien que des efforts soient déployés pour contrer le trafic, la consommation de drogues continue de croître dans le pays. La saisie récente à l’aéroport de Douala est certes un succès pour les autorités, mais elle met également en lumière la nécessité d’une approche plus globale pour lutter contre ce fléau. Cela inclut non seulement des mesures répressives, mais aussi des initiatives de sensibilisation et de prévention, visant à réduire la demande de drogues au sein de la population.
Les autorités camerounaises se trouvent donc à un tournant crucial. La lutte contre le trafic de drogue ne peut se limiter à des interceptions spectaculaires ; elle doit également s’accompagner d’une volonté politique forte de traiter les racines du problème. En parallèle, il est essentiel de renforcer les programmes d’éducation et de prévention pour protéger les jeunes générations des dangers liés à la consommation de substances illicites.
Alors que le Cameroun continue d’affronter ce défi, les efforts des douaniers et des acteurs de la santé publique restent cruciaux pour endiguer la montée de la toxicomanie. La saisie de 200 kg de cocaïne à Douala est un rappel frappant de l’importance de l’engagement collectif dans la lutte contre ce fléau dévastateur.
Tressy Chouente


