Clotaire Oligui Nguema, président gabonais et les dirigeants du groupe minier français Erame
(LVDE) – Ce projet, annoncé lors d’une rencontre avec le président Brice Clotaire Oligui Nguema, a pour objectif de transformer localement 2 millions de tonnes d’alliages de manganèse et de mettre fin à l’exportation brute des ressources naturelles.
Le 17 juillet 2024, une réunion cruciale s’est tenue au palais présidentiel de Libreville. Les dirigeants du groupe minier français Eramet, maison-mère de la Compagnie minière de l’Ogooué (Comilog), ont présenté un projet ambitieux : la transformation locale de 2 millions de tonnes d’alliages de manganèse. Ce choix stratégique vise à briser le cycle de l’exportation brute, une pratique qui a longtemps été critiquée pour son impact limité sur le développement économique du Gabon.
Cette initiative ne se limite pas à la simple transformation de matières premières. Elle s’inscrit dans une vision plus large d’industrialisation du pays, en offrant une occasion unique de créer des chaînes de valeur locales. Le gouvernement gabonais, à travers une note officielle, a souligné que cette décision pourrait générer plus de 16 000 emplois directs et indirects. Ce chiffre représente une bouffée d’air frais pour un pays où le chômage est un enjeu majeur, en particulier pour la jeunesse.
Lors de cette audience, les deux parties ont également convenu de mesures pour assurer la transparence des flux financiers liés à l’exploitation minière. Le rapatriement des bénéfices et la traçabilité des transactions constituent des piliers essentiels de cet accord, répondant ainsi à une exigence croissante de souveraineté budgétaire. Le Gabon souhaite ainsi renforcer sa maîtrise sur les revenus générés par ses ressources naturelles, qui doivent bénéficier en priorité à la population.
Un autre aspect fondamental de cet engagement est la « gabonisation » des postes clés au sein de Comilog et de Setrag, sa filiale de transport. Cette démarche vise à garantir que les Gabonais occupent des postes stratégiques, favorisant ainsi un transfert de compétences et une intégration des talents locaux dans le secteur minier. En adoptant cette approche, le Gabon envoie un message fort à ses partenaires internationaux : l’ère de l’extractivisme sans contrepartie est révolue. Le pays s’engage désormais vers une transformation locale, socialement responsable et économiquement viable.
Les retombées de cette initiative pourraient être considérables. D’une part, le développement d’industries locales pourrait dynamiser l’économie gabonaise, en réduisant la dépendance aux importations et en favorisant la création de nouvelles entreprises. D’autre part, cela contribuerait à diversifier l’économie, traditionnellement axée sur l’exportation de matières premières.
Les réactions à cette annonce sont positives. Les acteurs économiques locaux voient en ce projet une opportunité de croissance et un moyen d’améliorer la compétitivité du Gabon sur le marché international. De plus, la jeunesse, souvent en quête d’opportunités, voit dans ces créations d’emplois un espoir pour un avenir meilleur.
Sorelle Ninguem



