(LVDE) – Le 2 juillet 2025, une délégation d’Électricité de France (EDF) a rencontré le ministre Philippe Tonangoye pour signer une convention visant à renforcer les capacités de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG). Ce partenariat s’inscrit dans un contexte de crise énergétique majeure et ambitionne de transformer le paysage énergétique gabonais.
Malgré sa richesse en ressources naturelles, le Gabon fait face à une crise énergétique sans précédent. Le 2 juillet 2025, cette réalité a été mise en lumière lors d’une rencontre entre le ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, et une délégation de l’entreprise française Électricité de France (EDF). Réunis à Libreville, les deux entités ont signé une convention d’appui technique qui pourrait bien marquer un tournant décisif pour le secteur énergétique gabonais.
La convention, qui a pour objectif principal le renforcement des capacités techniques de la SEEG, prévoit également l’optimisation de la gestion des réseaux électriques et le transfert de compétences spécialisées. Cette initiative vise à moderniser les infrastructures énergétiques nationales, alors que la SEEG peine à satisfaire une demande croissante. « EDF constitue un partenaire stratégique dont l’expertise peut nous aider à relever les défis d’un accès équitable à l’énergie pour tous », a déclaré Tonangoye, soulignant l’importance de cette collaboration pour un service public performant et durable.
Les enjeux sont de taille. Pour faire face à une crise énergétique qui a déjà des répercussions sur l’économie et la vie quotidienne des Gabonais, le gouvernement gabonais a prévu d’investir 1 134,5 milliards FCFA entre 2024 et 2026. Cela représente environ 378 milliards FCFA par an, alloués à des projets de production et de distribution d’électricité. L’ambition est claire : atteindre l’autonomie énergétique tout en répondant aux besoins croissants d’une population de plus de 2 millions d’habitants.
Au-delà des engagements initiaux, les discussions entre EDF et la SEEG ont ouvert la voie à plusieurs pistes de collaboration future. Les deux entités envisagent de travailler ensemble sur le développement des énergies renouvelables, une priorité pour le Gabon, qui souhaite diversifier ses sources d’énergie. L’électrification des zones rurales, souvent laissées pour compte, est également au cœur des préoccupations. Actuellement, moins de 40 % des Gabonais ont accès à l’électricité, un chiffre qui doit impérativement évoluer pour garantir un développement inclusif.
La digitalisation des réseaux électriques et la réduction des pertes techniques sont d’autres axes de travail qui pourraient transformer la manière dont l’électricité est produite et distribuée. EDF, avec son expérience dans le domaine, s’est engagée à accompagner le Gabon dans la mise en œuvre de projets structurants, visant à construire un avenir énergétique plus résilient et durable pour l’ensemble du territoire.
Cette initiative se déroule dans un contexte où la SEEG a été critiquée pour son incapacité à répondre à la demande croissante. La population fait face à des coupures fréquentes et à une qualité de service dégradée. La signature de cette convention pourrait donc être perçue comme une lueur d’espoir pour les Gabonais qui aspirent à un accès fiable et constant à l’électricité.
Sorelle Ninguem


