(LVDE) – Situé à Bamendjou, ce projet d’envergure, évalué à 6 milliards FCFA, a été officiellement mis en service le 8 juillet 2025 par Dr Taïga, ministre de l’Élevage, des Pêches et des Industries animales.
Récemment inaugurée, la Ferme coopérative du Cameroun (FCC) portee par le Dr Patrice Talla s’inscrit dans une dynamique de relance de la production avicole nationale. Avec une capacité de production de 75 000 œufs par jour, ce complexe est conçu pour répondre aux besoins croissants du marché local.
La FCC dispose d’un cheptel de 80 000 poules pondeuses, d’une unité d’abattage de poulets et d’une poussinière capable d’accueillir 40 000 têtes. Une installation de fabrication d’aliments, avec une capacité de production de 4 tonnes par heure, et une usine dédiée à la fabrication d’alvéoles d’œufs à Bamena complètent ce dispositif. Le promoteur, Dr Talla, justifie ce choix par la nécessité de soutenir l’agriculture locale et de garantir la sécurité alimentaire.
Dans son discours inaugural, Dr Taïga a souligné que ce projet s’inscrit dans la politique d’import-substitution mise en place par le gouvernement. « Cette unité va renforcer l’autonomie de notre filière avicole. Tout ce que nous consommons est désormais produit localement », a-t-il affirmé. La mise en service de la FCC est donc perçue comme un levier crucial pour relancer la production de volaille au Cameroun, qui peine actuellement à dépasser les 70 000 tonnes.
Selon les données du Programme économique, financier, social et culturel pour 2025, présenté par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, la production de volailles a chuté à 50 836 tonnes en 2024, marquant une baisse de 22,4 % par rapport à l’année précédente. La production d’œufs de table a également enregistré une diminution préoccupante, passant de 27 602 tonnes en 2023 à des niveaux alarmants.
Les chiffres de l’interprofession avicole révèlent que la production totale a diminué de 123 103 tonnes en 2023 à seulement 95 501 tonnes en 2024. Face à cette situation, des initiatives comme la FCC visent à réduire la dépendance aux importations, qui pèsent lourdement sur la balance commerciale du pays. En effet, le Cameroun a dépensé environ 40 milliards FCFA pour importer du lait, des produits laitiers, des œufs et du miel en 2024.
La construction de la FCC a bénéficié des avantages offerts par la Loi de 2013 sur les incitations à l’investissement privé, favorisant ainsi le développement d’un secteur agro-industriel dynamique. Ce projet représente une lueur d’espoir pour les acteurs de l’aviculture camerounaise, qui aspirent à une relance significative de leur activité.
En somme, la Ferme coopérative du Cameroun est bien plus qu’un simple complexe avicole ; elle incarne une vision d’avenir pour le secteur agricole national. En produisant localement et en réduisant les importations, le Cameroun se donne les moyens de renforcer sa sécurité alimentaire tout en soutenant l’économie locale. Avec ce nouvel investissement, le pays espère redynamiser sa filière avicole et offrir aux consommateurs des produits de qualité, tout en consolidant son indépendance alimentaire.
Anatole Bidias



