(LVDE) – Inscrite dans la loi de finances rectificative 2025, cette enveloppe permettra de racheter les parts du groupe français dans la Société de développement du coton (Sodecoton). L’opération marque ainsi un tournant stratégique pour la filière cotonnière du pays.
Le gouvernement camerounais a décidé de verser 46 milliards FCFA au groupe français Geocoton pour racheter ses parts dans la Société de développement du coton (Sodecoton), marquant ainsi un tournant stratégique pour la filière cotonnière du pays. Cette opération, inscrite dans la loi de finances rectificative 2025, soulève des enjeux économiques majeurs pour le secteur.
Le Cameroun se prépare à un changement significatif dans son paysage cotonnier avec l’annonce d’un rachat de 46 milliards FCFA des parts du groupe français Geocoton dans la Société de développement du coton (Sodecoton). Cette décision, inscrite dans la loi de finances rectificative 2025, reflète non seulement une volonté de renforcement du contrôle national sur un secteur stratégique, mais aussi une réponse aux dynamiques économiques et politiques du moment.
Sodecoton, établie en 1974, est un acteur clé dans la filière cotonnière, représentant un pilier des exportations non pétrolières du Cameroun. La décision de racheter les actions de Geocoton, une filiale du groupe Advens, dirigé par Abbas Jaber, s’inscrit dans le cadre d’un débat plus large sur l’indépendance économique et le développement local. En mobilisant des ressources propres de l’État, le gouvernement vise à renforcer son contrôle sur cette entreprise, augmentant ainsi sa part d’environ 59 % à 73 %.
Les discussions entre le gouvernement camerounais et Geocoton ont été marquées par des négociations complexes. Initialement, la valorisation des parts de Geocoton était estimée à environ 32,7 milliards FCFA, mais les parties se seraient finalement entendues sur une somme proche de 40 milliards. L’enveloppe budgétaire de 46 milliards FCFA pourrait ainsi permettre de couvrir d’éventuels frais accessoires liés à cette transaction, offrant une certaine flexibilité au gouvernement dans la gestion de ce rachat.
Cette opération a également des implications pour les autres acteurs du secteur. La Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun (CNPC-C), qui représente plus de 200 000 agriculteurs, a vu sa participation dans l’entreprise passer à 12 %. Cette inclusion des producteurs dans le capital de Sodecoton constitue un signal fort de l’intention du gouvernement de donner une voix aux agriculteurs dans la gestion de la filière cotonnière. De plus, le personnel de la société, jusqu’alors exclu du tour de table, pourra désormais détenir 2,5 % des actions, ce qui pourrait renforcer la motivation et l’engagement des employés vis-à-vis de l’entreprise.
Le rachat de Geocoton par l’État camerounais s’inscrit dans un mouvement plus large de réappropriation des ressources naturelles et stratégiques par les États africains. Ce phénomène, observé dans divers secteurs à travers le continent, vise à réduire la dépendance vis-à-vis des investisseurs étrangers et à favoriser un modèle de développement plus inclusif et durable. L’augmentation de la part de l’État dans Sodecoton pourrait également permettre une meilleure allocation des ressources pour le développement des infrastructures rurales et l’amélioration des conditions de vie des producteurs de coton.
Cependant, cette opération n’est pas sans défis. Le succès du rachat et de la transformation de Sodecoton dépendra de la capacité du gouvernement à gérer efficacement l’entreprise et à mettre en œuvre des politiques favorables à la croissance du secteur. Les enjeux liés à la qualité de la production, à l’augmentation des rendements et à l’accès aux marchés internationaux resteront cruciaux. Raphael Mforlem


