(LVDE) – Alors que Benedict Oramah s’apprête à quitter la présidence d’Afreximbank, le Camerounais George Elombi se profile comme son successeur. Sa nomination, attendue cette semaine à Abuja, intervient dans un contexte délicat marqué par une dégradation de la note de crédit de l’institution.
La présidence d’Afreximbank, la Banque africaine d’import-export, est à un tournant décisif. Après une décennie à la tête de l’institution, Benedict Oramah se prépare à passer le flambeau, laissant derrière lui un bilan contrasté. Alors que les actifs de la banque ont atteint 40 milliards de dollars et que le bénéfice net frôle le milliard, des critiques émergent concernant la gestion du risque, notamment en raison d’un ratio de prêts non performants jugé préoccupant par Fitch Ratings, qui a récemment abaissé la note de crédit de l’institution à « BBB-« . Cette situation pose la question de la continuité et de l’orientation stratégique qu’adoptera le prochain président.
Le Dr George Elombi, juriste de formation et vice-président exécutif d’Afreximbank depuis 2015, est pressenti pour succéder à Oramah. Son parcours au sein de la banque, entamé en 1996, lui confère une connaissance approfondie des rouages institutionnels et une légitimité qui lui permettent d’incarner la continuité tout en promettant une approche plus rigoureuse. Ce choix pourrait être perçu comme une réponse aux préoccupations soulevées par la gestion actuelle, surtout dans un contexte où les prêts accordés à des États à la solvabilité incertaine soulèvent des doutes.
La transition vers la présidence d’Elombi pourrait marquer un recentrage stratégique nécessaire. Alors qu’Oramah a opté pour une stratégie de croissance rapide, souvent critiquée pour son agressivité, Elombi pourrait adopter une approche plus prudente, axée sur la régulation et la transparence. Sa formation académique, avec un LL.M. et un doctorat en arbitrage commercial international, ainsi que son expérience dans la gouvernance et la conformité, font de lui un candidat capable de renforcer la discipline de gestion des risques au sein de l’institution.
Les actionnaires, composés d’États africains et d’institutions financières, joueront un rôle clé dans la désignation du prochain président. Leurs préoccupations concernant la solidité du portefeuille de prêts d’Afreximbank, aggravées par la dégradation récente de sa note de crédit, pourraient influencer leur choix. L’institution, fondée en 1993, fonctionne sur un modèle supranational, mais les clauses de dette souveraine « préférentielle » n’ont pas suffi à rassurer sur la qualité des garanties.
Les enjeux de cette nomination sont d’une importance capitale pour l’avenir d’Afreximbank. En effet, la banque joue un rôle crucial dans le financement du commerce intra-africain et dans la réponse aux défis économiques du continent. La montée en puissance de l’Afrique sur la scène mondiale nécessite une institution capable de naviguer dans un environnement complexe, où la gestion des risques et la responsabilité financière sont primordiales.
George Elombi représente une opportunité pour renforcer la crédibilité de l’institution tout en maintenant son élan panafricain. En intégrant une approche plus prudente à la stratégie de croissance, il pourrait redéfinir le modèle d’Afreximbank tout en répondant aux aspirations des États membres. La transition vers une direction axée sur la rigueur pourrait également permettre de restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires financiers.
Tressy Chouente



