(lavoixdesentreprises.info) – La récente suspension du contrat entre la SENELEC et la République du Congo soulève des préoccupations concernant les défis de communication et de préparation qui entourent ce partenariat. Alors que les discussions entre les gouvernements se multiplient, l’enjeu d’un approvisionnement électrique fiable reste au cœur des préoccupations.
La suspension temporaire du contrat de fourniture d’électricité entre la Société d’électricité du Sénégal (SENELEC) et la République du Congo, signé en février 2023, a créé une onde de choc dans les deux pays. Ce contrat, qui conférait à la SENELEC l’exclusivité de la distribution électrique en terre congolaise pour une décennie, visait à remédier aux problèmes d’approvisionnement électrique qui affectent le développement du pays. Toutefois, la mise en œuvre de cet accord s’est révélée plus complexe que prévu.
Durant sa visite à Dakar, du 13 au 15 juin, le Premier ministre congolais, Anatole Collinet Makosso, a exprimé des préoccupations sur l’efficacité des « travaux pédagogiques » menés en amont du contrat. Il a noté que la population et les syndicats congolais, inquiets des implications de ce partenariat, n’avaient pas reçu suffisamment d’informations. Cette situation met en évidence un déficit de communication qui pourrait compromettre le succès d’une telle collaboration.
Les 48 mesures préalables à l’opérationnalisation du contrat, évoquées par Makosso, sont essentielles. Elles englobent des aspects variés, allant de la gestion des infrastructures à l’amélioration des services aux abonnés, en passant par l’efficacité de la facturation et le suivi des créances. Ces mesures sont perçues non seulement comme des conditions nécessaires à la mise en œuvre du contrat, mais également comme un gage de transparence et de gouvernance qui doivent régir cette opération.
La suspension, bien que temporaire, révèle une nécessité pressante de dialogue entre la SENELEC et le gouvernement congolais. Makosso a exprimé sa confiance quant à la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente. Il a souligné que la mise en œuvre des mesures préconisées pourrait transformer ce contrat en modèle de coopération Sud-Sud. Toutefois, pour que cette vision se concrétise, un engagement sincère des deux gouvernements est impératif.
Les discussions à venir devront se concentrer sur la clarification des rôles et des responsabilités. L’instauration d’un climat de confiance est essentielle pour garantir le succès de cette initiative. En parallèle, les deux nations doivent renforcer leurs échanges économiques, diplomatiques, sécuritaires et commerciaux. Cette coopération bilatérale est d’autant plus cruciale dans un contexte où les défis économiques mondiaux rendent la solidarité régionale indispensable.
Les implications économiques de cette suspension sont de grande envergure. La SENELEC, si elle parvient à rétablir le contrat, pourrait non seulement affirmer sa place sur le marché régional, mais également contribuer significativement à l’amélioration des conditions de vie en République du Congo. Un approvisionnement électrique fiable pourrait catalyser le développement économique, stimulant les investissements nécessaires à la modernisation des infrastructures.
Cependant, l’incertitude actuelle risque de retarder ces investissements cruciaux. La situation rappelle l’importance d’une gouvernance rigoureuse et d’une transparence totale dans les relations commerciales internationales. Les parties prenantes doivent veiller à ce que les accords soient non seulement bien définis, mais aussi que les processus de mise en œuvre soient clairs et bien communiqués.
Ainsi, la suspension temporaire du contrat SENELEC avec la République du Congo met en lumière des défis de communication et de préparation, tout en ouvrant la voie à une réflexion approfondie sur les mécanismes nécessaires pour garantir le succès d’une telle initiative. Les prochaines étapes seront déterminantes pour savoir si ce partenariat pourra réellement contribuer au développement économique et social des deux pays. L’avenir de cette collaboration dépendra de la capacité des acteurs impliqués à surmonter les obstacles et à construire une relation de confiance durable, capable de répondre aux besoins énergétiques croissants de la République du Congo et de renforcer les liens entre Dakar et Brazzaville.
Sorelle Ninguem


