(lavoixdesentreprises.info) – Le Consortium des Journalistes Professionnels Africains pour le renforcement des relations sino-africaines (CJPASA) a organisé, le 27 mai dernier, un webinaire de haut niveau sur les investissements chinois en Afrique. Cette rencontre a ouvert la voie à une décision historique de la Chine, visant à renforcer les liens économiques avec le continent.
Le 27 mai 2025, une centaine de journalistes, experts et représentants institutionnels se sont réunis dans le cadre d’un webinaire organisé par le Consortium des Journalistes Professionnels Africains pour le renforcement des relations sino-africaines (CJPASA). Ce rassemblement, qui s’est tenu en ligne, avait pour but de discuter des investissements chinois en Afrique et de la nécessité d’une coopération économique plus équilibrée. Le président du CJPASA, Médéric Beugré, a ouvert la session en appelant les États africains à sortir de leur posture attentiste. Il a plaidé pour que les entreprises chinoises, déjà bien implantées sur le continent, fassent davantage preuve de transparence et d’intégration dans les projets qu’elles mènent.
Les participants ont exprimé des préoccupations sur la nature des investissements chinois, souvent perçus comme un moyen d’accroître l’influence de Pékin au détriment des économies africaines. Plusieurs intervenants ont souligné l’urgence de redéfinir les règles du jeu pour transformer cette coopération en un véritable levier de développement durable. Les discussions ont mis en lumière le besoin d’un partenariat basé sur le respect mutuel et la complémentarité, plutôt que sur une dynamique unilatérale.
Peu après ce webinaire, le gouvernement chinois a annoncé une mesure significative : la suppression des droits de douane sur les produits en provenance de 53 pays africains. Cette décision, dévoilée lors de la 4e Exposition économique et commerciale Chine-Afrique à Changsha, est présentée comme un effort pour encourager les exportations africaines et réduire le déséquilibre commercial existant. Cette initiative a été perçue comme une réponse directe aux préoccupations soulevées lors du webinaire, témoignant de l’impact croissant des voix africaines sur la scène internationale.
Les investissements de la Chine en Afrique ont atteint des sommets ces dernières années. En 2022, la Chine a investi 5 milliards de dollars, principalement dans des infrastructures de transport et des projets énergétiques. Les entreprises chinoises présentes sur le continent ont généré près de 40 milliards de dollars de bénéfices. Avec plus de 10 000 entreprises chinoises opérant en Afrique, la valeur totale des activités chinoises sur le continent depuis 2005 s’élève à plus de 2 000 milliards de dollars.
Ce tournant stratégique de Pékin ne doit pas seulement être considéré sous un angle économique. Il représente également un changement de paradigme dans les relations sino-africaines, où l’Afrique affirme sa volonté de jouer un rôle actif dans ses partenariats internationaux. La décision de supprimer les droits de douane est une reconnaissance implicite de l’importance croissante d’une Afrique qui ne se contente plus de demander une place, mais qui s’affirme avec force.
Le CJPASA a également pour mission de lutter contre le réchauffement climatique en Afrique, en plus de renforcer les liens entre la Chine et les pays africains. Ce double objectif illustre la volonté des journalistes et experts africains de s’impliquer activement dans la définition des politiques internationales et de promouvoir des solutions durables pour le continent.
En somme, le webinaire du CJPASA et la décision subséquente de la Chine marquent un moment charnière dans les relations sino-africaines. Cette dynamique d’échange et de collaboration pourrait ouvrir la voie à une nouvelle ère de coopération, fondée sur des principes de respect et d’égalité. La communauté internationale observe avec attention ces évolutions, témoignant du potentiel d’un partenariat sino-africain réinventé, capable de répondre aux défis contemporains tout en renforçant les liens entre les peuples. CJPASA



