(lavoixdesentreprises.info) – Le 17 juin 2023, le ministre de l’Économie du Cameroun, Alamine Ousmane Mey, a signé un accord de prêt de 25 millions de dollars avec le Fonds OPEP pour le développement international. Ce financement de 15 milliards FCFA vise à soutenir le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz, un enjeu crucial pour l’autosuffisance alimentaire du pays.
Au cœur de Vienne, à l’occasion du Forum sur le développement du Fonds OPEP, un moment clé pour la coopération internationale, le Cameroun a reçu un soutien financier significatif. Le ministre Alamine Ousmane Mey a officialisé un prêt de 25 millions de dollars, soit environ 15 milliards FCFA, pour le Projet de développement de la chaîne de valeur du riz (PDCVR). Ce projet, lancé en 2022, s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la résilience économique du Cameroun face à des défis croissants.
La problématique du riz est devenue centrale pour le Cameroun, où les importations de cette denrée alimentaire essentielle ont atteint des sommets alarmants. En 2024, les dépenses d’importation de riz ont explosé, atteignant 320 milliards FCFA, un chiffre qui représente une hausse de 59 % par rapport à l’année précédente. Cette situation souligne la nécessité d’une politique d’import-substitution, qui vise à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des marchés étrangers en augmentant sa production locale.
Le PDCVR ambitionne de tripler la production de riz pour atteindre 460 000 tonnes d’ici 2027, un objectif ambitieux inscrit dans le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027. Pour y parvenir, le gouvernement camerounais a élaboré une stratégie qui se traduit par un budget global de 385 milliards FCFA. Cependant, cette cible demeure insuffisante pour satisfaire la demande nationale qui frôle les 650 000 tonnes par an.
Dans ce contexte, le soutien du Fonds OPEP apparaît comme un coup de pouce précieux. Ce financement permettra de développer les infrastructures, d’améliorer les techniques agricoles et de renforcer les capacités des producteurs locaux. L’initiative s’inscrit également dans un cadre plus large de coopération Sud-Sud, favorisant les échanges et les synergies entre pays en développement.
La lutte pour l’autosuffisance en riz est également liée à des enjeux socio-économiques. En augmentant la production locale, le Cameroun pourrait non seulement réduire sa facture d’importation, mais aussi créer des emplois et améliorer la sécurité alimentaire. C’est un enjeu majeur dans un pays où l’économie est encore largement dépendante de l’agriculture.
Les acteurs du secteur rizicole, des agriculteurs aux décideurs politiques, saluent cette initiative. Elle représente une opportunité pour transformer le paysage agricole du Cameroun et renforcer la souveraineté alimentaire. Cependant, des défis subsistent. La mise en œuvre efficace des fonds, la lutte contre les effets du changement climatique et l’amélioration des chaînes d’approvisionnement seront cruciales pour atteindre les objectifs fixés.
Le soutien du Fonds OPEP marque un tournant potentiel pour le secteur rizicole camerounais. Alors que le pays se fixe des objectifs ambitieux pour l’avenir, il est impératif de capitaliser sur cet élan et d’assurer une mise en œuvre rigoureuse des projets. Le chemin vers l’autosuffisance en riz est semé d’embûches, mais avec une volonté politique forte et des investissements ciblés, le Cameroun peut espérer réduire sa dépendance et garantir la sécurité alimentaire de sa population.
Anatole Bidias


