(lavoixdesentreprises.info) – La récente mise à jour de la liste noire des compagnies aériennes par la Commission européenne révèle l’interdiction de sept transporteurs de la CEMAC dans l’UE. Cette décision, fondée sur des évaluations techniques rigoureuses, met en lumière des préoccupations croissantes concernant la sécurité aérienne dans cette région d’Afrique. Analyse des enjeux liés à cette interdiction et son impact sur l’aviation régionale.
Le 15 mai 2025, la Commission européenne a mis à jour sa liste noire des compagnies aériennes, ajoutant sept transporteurs de la zone CEMAC : Equajet, Trans Air Congo, Société Nouvelle Air Congo, Canadian Airways Congo, Equaflight Services, Cronos Airlines et Ceiba Intercontinental. Cette décision, prise lors d’une réunion à Bruxelles, s’appuie sur des évaluations techniques qui soulignent des lacunes significatives dans la surveillance de la sécurité aérienne par les autorités nationales des pays concernés.
Les compagnies aériennes de la CEMAC, historiquement soumises à des restrictions, illustrent un problème récurrent dans la région. Les rapports techniques de l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (AESA) ont révélé des manquements critiques dans la gestion opérationnelle et la conformité aux normes internationales. Par exemple, lors des audits effectués, des insuffisances dans la formation des pilotes, l’entretien des avions et les procédures de sécurité ont été constatées, compromettant ainsi la sécurité des passagers.
En novembre 2023, ces mêmes compagnies avaient été temporairement suspendues avant que l’interdiction ne soit levée trois mois plus tard. Ce va-et-vient soulève des interrogations quant à la capacité des transporteurs à se conformer aux exigences de sécurité. Notamment, Cronos Airlines et Equajet avaient prévu de relancer des liaisons vers l’Europe en juin, mais leurs projets ont été mis à mal par cette nouvelle interdiction.
L’interdiction des compagnies de la CEMAC s’inscrit dans une tendance plus large au sein de l’UE, qui cherche à maintenir un niveau de sécurité optimal pour les passagers. Actuellement, 169 compagnies aériennes sont bannies de l’espace aérien européen, dont une majorité provient de pays africains. Des nations comme Djibouti, le Libéria et la Guinée équatoriale sont souvent critiquées pour leur manque de rigueur en matière de supervision de l’aviation civile, exacerbant ainsi cette problématique.
La Commission européenne souligne que toute compagnie figurant sur la liste noire peut demander une réévaluation. Cette possibilité est cruciale pour les transporteurs souhaitant améliorer leurs opérations et retrouver l’accès au marché européen. Cependant, la situation actuelle des compagnies de la CEMAC révèle des défis systémiques liés à la gouvernance et aux ressources des autorités de l’aviation civile.
Les audits récents ont non seulement mis en lumière des problèmes techniques, mais aussi une absence d’engagement à respecter les normes de sécurité internationales. Cette situation est d’autant plus préoccupante dans un secteur aussi sensible que le transport aérien, où la sécurité des passagers doit primer. Les experts s’accordent à reconnaître que le manque de formation adéquate et de ressources pour les agences de régulation est un frein majeur à l’amélioration des standards de sécurité.
L’interdiction de ces sept compagnies aériennes de la CEMAC dans l’espace aérien européen met en exergue les défis persistants en matière de sécurité aérienne dans la région. Alors que l’UE continue d’insister sur la conformité aux normes de sécurité, il devient impératif pour les pays membres de la CEMAC de renforcer leurs capacités de surveillance et de régulation. Cela permettra non seulement de garantir la sécurité des passagers, mais aussi de pérenniser l’avenir de leurs compagnies aériennes sur le marché international.
Raphaël Mforlem


