(lavoixdesentreprises.info) – Le ministre des PME, Achille Bassilekin III, a accueilli une délégation de MEDEF International à Yaoundé. Cette rencontre marque un tournant dans le soutien à la diversification économique du Cameroun, avec la signature imminente d’un mémorandum d’entente. Les enjeux sont nombreux, allant de l’augmentation des investissements privés à la création d’emplois qualifiés.
Le 3 juin 2025, dans la salle de réunion de l’Immeuble Emergence à Yaoundé, le ministre des PME, de l’Économie Sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, a eu des échanges fructueux avec une délégation du Mouvement des Entreprises de France International (MEDEF), conduite par Armel François, Vice-Président du Groupe Compagnie Fruitière et Directeur Général des Plantations du Haut Penja, ainsi qu’Arnaud de Rugy, Directeur Général Afrique chez EGIS. La mission avait pour objectif d’explorer les opportunités de partenariat. La délégation est venue au Cameroun dans le cadre des Journées Économiques Internationales des Communes (JEICOM 2025).
Au cœur des discussions se trouvait le Programme d’Appui à la Diversification de l’Économie au Cameroun (PADE), que Medef International souhaite voir dirigé par le Minpmeesa. Ce programme vise à stimuler les investissements privés dans des secteurs prioritaires, à soutenir l’émergence de PME nationales compétitives, à favoriser des transferts de savoir-faire et à créer des emplois qualifiés. En effet, le Cameroun aspire à renforcer son tissu économique local en formant des entreprises capables de répondre aux normes internationales.
La question de la formation des PME a été mise en avant, notamment dans des secteurs clés tels que le bois et l’élevage, entre autres. Pendant les échanges, il a été constaté que de nombreuses PME et très petites entreprises (TPME) locales ne sont pas toujours à la hauteur des exigences du marché, ce qui a incité le MEDEF à offrir son expertise pour les accompagner dans leur montée en compétence. Le ministre a insisté sur la nécessité d’acquérir des équipements modernes, un défi majeur pour les PME, qui manquent souvent de financements. Les discussions ont révélé que ces projets devaient être financés par les entreprises elles-mêmes, et non par l’État.
Un autre point crucial de ces négociations a été l’importance de soumettre les entreprises aux normes internationales. Cela inclut les TPME, les PME, ainsi que les acteurs du secteur agroalimentaire et de l’agro-industrie. L’idée est de créer un environnement où les PME peuvent prospérer, notamment en s’installant dans des zones économiques spécialisées. Le ministre a particulièrement mis en avant la zone industrielle de Kribi, un lieu stratégique où les PME peuvent bénéficier de facilités pour produire et importer leurs biens, tout en favorisant le développement du Port Autonome de Kribi.
Pour garantir la mise en œuvre efficace de ce mémorandum d’entente, un comité de pilotage sera formé, regroupant des responsables du MINPMEESA, du MEDEF, ainsi que des entrepreneurs. Ce comité sera chargé de superviser l’implémentation des actions prévues dans le cadre du MOU, dont la signature est attendue d’ici la fin de l’année 2025.
Dans un contexte où la diversification de l’économie est devenue une nécessité, cette collaboration entre le Cameroun et MEDEF International pourrait bien être le catalyseur d’un développement économique durable, créant ainsi un écosystème propice à l’innovation et à l’entrepreneuriat. Les enjeux sont considérables, non seulement pour le développement des PME camerounaises, mais également pour l’attractivité du pays sur le plan international.
Pour rappel, le Programme d’Appui à la Diversification de l’Économie au Cameroun (PADE) vise à renforcer le portefeuille de PME franco-camerounaises, à structurer des filières prioritaires et à connecter les chaînes de valeur locales aux chaînes régionales et globales. Il s’agit également d’offrir aux porteurs de projets l’opportunité de rencontrer des partenaires étrangers, d’élaborer des business plans bancables et de mobiliser des financements pour concrétiser leurs idées.
Raphaël Mforlem


