(lavoixdesentreprises.info) – La Banque de développement des États de l’Afrique centrale (BDEAC) a annoncé une baisse significative de son bénéfice net pour l’année 2024, atteignant 3,3 milliards FCFA, soit une diminution de 13,1 % par rapport à 2023. Malgré cette tendance baissière, l’institution affiche un optimisme résilient et des projets ambitieux pour soutenir le développement dans la sous-région.
Le 2 juin 2025, lors de la session ordinaire des actionnaires, la BDEAC a présenté des résultats qui soulignent une inquiétante érosion de ses bénéfices. Avec un bénéfice net de 3,3 milliards FCFA pour l’exercice 2024, la banque continue de voir ses résultats décliner, marquant une cinquième année consécutive de baisse. En effet, ce chiffre est bien en deçà des 15,24 milliards FCFA enregistrés en 2019, et s’inscrit dans une tendance préoccupante, avec des bénéfices respectifs de 9,2 milliards FCFA en 2020, 5,7 milliards FCFA en 2021, et 5,1 milliards FCFA en 2022.
Cette chute n’est pas sans conséquences, et si la BDEAC n’a pas explicitement détaillé les causes de cette baisse, elle évoque un « contexte économique complexe ». Ce terme reflète les défis croissants auxquels fait face l’institution, notamment les tensions économiques dues à la volatilité des marchés, l’inflation et les impacts résiduels de la pandémie de COVID-19 sur les économies locales. Malgré ces difficultés, la BDEAC choisit de se projeter positivement, affirmant sa détermination à continuer à financer des projets de développement essentiels dans la région.
Les demandes de financement, en revanche, n’ont cessé d’augmenter. En 2022, la BDEAC a octroyé des financements pour 27 projets, totalisant 367,3 milliards FCFA. Ces projets, implantés dans divers pays de la CEMAC, touchent des secteurs cruciaux tels que le transport, l’industrie, l’agro-industrie, l’immobilier et l’éducation. Ces initiatives s’alignent sur le plan stratégique de la banque, baptisé « Azobé », qui vise à stimuler le développement durable et inclusif dans la région.
Pour faire face à la baisse de ses bénéfices et à la nécessité d’accroître ses ressources, la BDEAC a pris des mesures audacieuses lors de cette assemblée générale. Parmi ces mesures, la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour la restauration de la liquidité de la banque a été adoptée. Ce plan vise à garantir la solidité financière de l’institution tout en répondant aux besoins croissants de financement dans les États membres. De plus, la banque a approuvé une réforme cruciale concernant la titrisation des créances sur les marchés financiers de la CEMAC. Cet instrument devrait permettre à la BDEAC de diversifier ses sources de financement tout en répondant à ses besoins en liquidité et en fonds propres.
Dans sa perspective de développement pour la période 2023-2027, la BDEAC prévoit d’allouer 130 milliards FCFA pour renforcer l’aide à l’entrepreneuriat et aux initiatives privées. Concrètement, 100 milliards FCFA seront destinés aux banques commerciales pour soutenir les projets d’envergure, tandis que 15 milliards FCFA seront alloués aux institutions de microfinance, ciblant spécifiquement les PME/PMI. Le reste, soit 15 milliards FCFA, sera consacré à la promotion de l’inclusion financière, avec un accent particulier sur le financement d’activités génératrices de revenus pour les femmes et les jeunes, ainsi que sur le développement de l’économie numérique.
Ainsi, malgré une conjoncture difficile et des résultats en baisse, la BDEAC maintient le cap sur sa mission de développement. Ses initiatives et sa volonté de s’adapter aux défis économiques attestent d’une résilience qui, espérons-le, portera ses fruits dans les années à venir. La BDEAC reste un acteur clé pour le développement durable en Afrique centrale, et ses efforts pour soutenir les projets régionaux pourraient bien s’avérer déterminants pour l’avenir économique de la sous-région.
Tressy Chouente


