(lavoixdesentreprises.info) – Nommé Administrateur Directeur Général de la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) le 30 mai 2025, Steeve Saurel Legnogo se retrouve à la tête d’une entreprise confrontée à des difficultés structurelles majeures. Entre coupures d’électricité, problèmes d’approvisionnement en eau et attentes sociales pressantes, les défis qui l’attendent sont considérables.
C’est lors du Conseil des ministres du 30 mai 2025 que Steeve Saurel Legnogo a été confirmé dans ses fonctions d’Administrateur Directeur Général (ADG) de la SEEG. Après avoir exercé en tant qu’administrateur provisoire depuis décembre 2024, sa nomination témoigne d’une confiance renouvelée de la part des autorités de la Transition. Cependant, la situation sur le terrain reste alarmante, avec des défis qui continuent de s’accumuler.
Avant sa confirmation entant que directeur général, une série de missions lui avait été assignée. La principale était de résoudre la crise des délestages, d’améliorer la transparence de la gestion financière et de restaurer la confiance des usagers. Malheureusement, les résultats de ces efforts sont loin d’être satisfaisants. Dans la région de Grand Libreville, où réside près de 60 % de la population gabonaise, les coupures d’électricité persistent, atteignant en moyenne 12 heures par jour. Ce phénomène entrave non seulement le quotidien des habitants, mais également les activités économiques de cette partie du pays.
Les problèmes d’approvisionnement en eau sont tout aussi préoccupants. Selon les données de l’ancien ministère de l’Énergie et des Ressources hydrauliques, moins de 47 % de la population a accès à l’eau potable. Les infrastructures vieillissantes et mal entretenues aggravent cette crise, rendant la distribution de l’eau de plus en plus complexe. Les usagers, souvent frustrés, rapportent une situation qui n’a guère évolué, malgré les promesses d’amélioration.
En plus de ces défis structurels, Steeve Saurel Legnogo hérite d’une entreprise marquée par un scandale financier qui a entaché sa réputation. Réhabiliter la SEEG nécessite non seulement de moderniser les infrastructures vétustes responsables des coupures répétées, mais aussi d’instaurer des mesures de sécurité pour prévenir le piratage des compteurs. Ce dernier point est d’une importance capitale, alors que le pays ambitionne de garantir un accès universel à l’eau potable et à l’électricité.
Néanmoins, dans le cadre de son bilan, le nouveau directeur général a mis en avant certaines réalisations notables. Il a piloté un projet de raccordement énergétique d’urgence, censé injecter 70 MW dans le réseau national en pleine crise. Ce projet, bloqué par des négociations difficiles entre l’ancienne direction de la SEEG et l’entreprise turque Karpowership pendant près de neuf mois, a finalement vu le jour grâce à ses efforts. Par ailleurs, il a également joué un rôle clé dans les discussions avec la Banque mondiale, permettant d’obtenir un financement de 150 millions USD (plus de 91 milliards FCFA) pour renforcer les infrastructures essentielles de la SEEG. De plus, un partenariat stratégique de 200 millions d’euros (environ 131 milliards FCFA) avec le groupe français Suez a été signé pour moderniser les réseaux d’approvisionnement en eau potable.
Au-delà des chiffres, la reconduction de Steeve Saurel Legnogo à la tête de la SEEG représente un acte de confiance des autorités gabonaises. Cependant, la route vers une amélioration réelle des services reste semée d’embûches. Les attentes de la population sont élevées, et le temps presse pour redresser cette entreprise cruciale pour le développement du Gabon. Les prochaines actions de M. Legnogo seront scrutées de près, tant par les usagers que par les acteurs politiques, dans un contexte où l’énergie et l’eau sont des enjeux vitaux pour l’avenir du pays.
Anatole Bidias


