(lavoixdesentreprises.info) – Le 1er juin 2025, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se réunira pour discuter d’une augmentation de sa production pétrolière. Au cours des échanges qui s’annoncent de haut niveau, l’OPEP entend revoir à la hausse la production de 411 000 barils par jour. Cette décision pourrait influencer le marché international du pétrole et les économies des pays membres, en particulier ceux de la CEMAC, qui peinent à respecter leurs quotas.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole, mieux connue sous l’acronyme OPEP, est à la croisée des chemins. Le 1er juin 2025, les représentants des treize pays membres se réuniront pour envisager une augmentation significative de leur production pétrolière. Selon des sources proches des discussions, une hausse de 411 000 barils par jour (bpj) pourrait être actée pour le mois de juillet, marquant ainsi une troisième augmentation consécutive. Actuellement, la production quotidienne du cartel s’élève à 1,007 million de barils, un chiffre qui reflète une volonté de stabiliser les marchés tout en répondant à une demande croissante.
Le rapport publié par l’OPEP le 14 mai dernier estime que la production totale du groupe est de 39,725 millions de barils par jour, dont 24,135 millions pour les pays de l’OPEP et 15,59 millions pour les producteurs hors OPEP. Cette augmentation projetée représente une progression d’environ 1,03 % par rapport à la production actuelle. D’après Bloomberg, cette décision pourrait avoir des répercussions notables sur le marché mondial, notamment en raison de la pression accrue sur les prix du pétrole, qui ont déjà subi une baisse significative en avril, oscillant autour de 67-68 dollars le baril.
L’OPEP+ a mis en place cette stratégie d’augmentation progressive dans le cadre d’un plan plus large visant à annuler les réductions volontaires de 2,2 millions de bpj instaurées ces dernières années pour stabiliser les prix. La première phase de cette reprise a débuté en avril 2025, avec une augmentation mensuelle initiale de 137 000 bpj. Les experts s’accordent à dire que cette gestion de l’offre est cruciale pour maintenir un équilibre durable entre l’offre et la demande. En effet, la demande mondiale de pétrole devrait connaître une croissance de 1,85 million de bpj en 2025, selon les prévisions de l’OPEP.
Cependant, cette hausse de la production ne sera pas sans conséquences pour les pays membres, notamment ceux de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), qui peinent à respecter les quotas fixés par l’organisation. Le Congo, par exemple, a un quota de 336 000 bpj mais a atteint seulement 270 000 bpj en avril. La Guinée Équatoriale a également connu une chute de sa production, tombant à 48 000 bpj, bien en dessous de son quota de 300 000 bpj. Ces écarts de performance limitent la capacité de ces pays à bénéficier pleinement des hausses de production décidées au sein du cartel.
Le Gabon, avec une production de 222 000 bpj, a également manqué son quota de 230 000 bpj. Ces difficultés illustrent le défi auquel sont confrontés les pays d’Afrique centrale, qui dépendent fortement des revenus pétroliers. Alors que l’OPEP s’efforce d’ajuster sa production pour répondre à la demande croissante, la réalité sur le terrain reste complexe. Les pays de la CEMAC doivent naviguer entre les exigences de l’OPEP et leurs propres capacités de production, ce qui pourrait avoir des conséquences directes sur leurs économies.
Pour les experts du secteur, cette situation soulève des questions quant à l’avenir des politiques pétrolières de l’OPEP. Une hausse de l’offre pourrait en effet exercer une pression supplémentaire sur les prix, freinant ainsi la reprise économique espérée dans de nombreux pays. Alors que la réunion du 1er juin approche, les acteurs du marché pétrolier sont dans l’attente, scrutant chaque indice et chaque déclaration qui pourraient influencer les décisions à venir.
Dans cette conjoncture, l’OPEP se doit de trouver un équilibre délicat entre l’augmentation de la production pour répondre à la demande mondiale et la nécessité de maintenir des prix stables, essentiels à la santé économique de ses membres. Une chose est sûre : les discussions qui auront lieu dans les jours à venir seront décisives pour l’avenir du marché pétrolier et pour les économies des pays qui en dépendent.
Sorelle Ninguem


