(lavoixdesentreprises.info) – En collaboration avec la Banque mondiale, le pays s’apprête à bénéficier d’un prêt de 400 millions de dollars. Ce financement a pour objectif d’améliorer la gestion des finances publiques et de favoriser une croissance économique durable et inclusive, en mettant l’accent sur des réformes essentielles.
Depuis plusieurs années, le Cameroun s’engage dans un partenariat avec la Banque mondiale pour stabiliser son économie. La mise en œuvre de réformes fondamentales visant à assurer la viabilité budgétaire et à améliorer la qualité des services sociaux constitue une priorité. À cette fin, le pays recevra un soutien financier de 400 millions de dollars de la part du Groupe de la Banque mondiale, destiné à renforcer la gestion et la transparence des finances publiques, tout en soutenant une croissance économique durable et inclusive.
La première initiative, intitulée « Financement des politiques de développement pour la soutenabilité budgétaire et la croissance inclusive et durable (DPF) », a pour but d’accroître la résilience budgétaire, de favoriser un développement équitable et de soutenir une croissance à long terme. Ce programme, qui s’étendra de 2022 à 2026, vise à aider le Cameroun à relever les défis économiques et environnementaux tout en améliorant la gouvernance financière et les infrastructures.
Cheick Fantamady Kanté, directeur de division de la Banque mondiale pour le Cameroun, a souligné que « l’économie du Cameroun fait face à des pressions budgétaires croissantes et à des difficultés de financement extérieur. L’assistance de la Banque mondiale jouera un rôle crucial dans la mise en œuvre des réformes nécessaires pour assurer la soutenabilité budgétaire et garantir la fourniture de services sociaux, tout en établissant les bases d’infrastructures durables ».
Ce programme vise également à optimiser l’allocation des ressources en faveur des populations les plus vulnérables, à améliorer l’efficacité des dépenses publiques et à renforcer la mobilisation des fonds par une gestion plus rigoureuse du Trésor. Cela inclut une performance accrue des entreprises publiques et l’encouragement des paiements électroniques.
La seconde initiative, nommée « IMPACT (Améliorer la performance, la responsabilité et la transparence) », se concentre sur l’optimisation des ressources internes et l’amélioration de l’efficacité des dépenses publiques. Ce programme met l’accent sur des secteurs critiques tels que la santé et l’accès à l’eau, tout en renforçant la transparence fiscale et la gestion des entreprises publiques. L’objectif est d’améliorer la responsabilité de l’État dans l’utilisation des ressources, tout en tenant compte des enjeux liés au climat et au genre.
Il est important de noter qu’en dépit de ses vastes ressources naturelles et d’une population dynamique, le Cameroun continue de chercher à accélérer sa transition vers une économie plus durable. Bien que la croissance ait atteint 3,9 % en 2024, contre 3,3 % en 2023 selon le FMI, des défis subsistent. Parmi eux, on trouve l’insuffisance des investissements publics, la hausse des prix et des tensions sécuritaires qui freinent son développement.
Un autre obstacle majeur est la faible mobilisation des ressources fiscales, un facteur limitant pour le financement des services publics. Pour y remédier, l’État a initié des réformes visant à améliorer la transparence et l’efficacité des finances publiques, comme le montre le Plan stratégique de réformes 2024-2027.
Ces initiatives commencent à porter leurs fruits : la note de transparence budgétaire a progressé, passant de 34/100 en 2021 à 50/100 en 2023, plaçant le Cameroun en troisième position en Afrique selon l’enquête sur le budget ouvert. Cependant, des défis demeurent, notamment en ce qui concerne l’efficacité des dépenses. Les autorités espèrent inverser cette tendance grâce au soutien de partenaires techniques comme la Banque mondiale, qui pourraient contribuer à un avenir économique plus stable et inclusif pour le pays.
Raphael Mforlem


