(lavoixdesentreprises.info) – La crise de la dette intérieure au Tchad a poussé de nombreux chefs d’entreprise à envisager l’exil économique. Face à des années d’impayés et à un environnement opérationnel dégradé, ces entrepreneurs cherchent des horizons plus favorables. Cet article analyse les causes de cette fuite des capitaux, ainsi que ses conséquences sur l’économie tchadienne.
La situation économique au Tchad s’est détériorée ces dernières années, marquée par une accumulation de dettes intérieures qui atteint des niveaux alarmants. Selon les dernières données de la Banque mondiale, la dette intérieure du Tchad a dépassé 20 % du PIB en 2023, un chiffre qui illustre l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les entrepreneurs locaux. Cette crise de la dette a des répercussions directes sur le climat des affaires et pousse de nombreux chefs d’entreprise à envisager des solutions à l’étranger.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D’abord, l’incapacité du gouvernement à honorer ses engagements financiers envers les entreprises a créé un climat d’incertitude. Les retards de paiement des marchés publics, qui peuvent s’étendre sur plusieurs mois, et la difficulté d’accès au financement bancaire exacerbent cette situation. En 2023, près de 60 % des entreprises interrogées dans une étude de l’Institut tchadien de recherche économique ont signalé des retards de paiement significatifs, ce qui a eu un impact direct sur leur trésorerie.
Ensuite, l’environnement commercial au Tchad est marqué par des contraintes réglementaires et administratives qui compliquent davantage la vie des entrepreneurs. La complexité des démarches administratives et les lourdeurs bureaucratiques incitent les chefs d’entreprise à chercher des alternatives à l’étranger, où les conditions d’opération sont souvent plus favorables.
L’exil économique des chefs d’entreprise a des conséquences néfastes pour l’économie nationale. D’une part, la fuite des capitaux réduit les investissements locaux, ce qui peut ralentir la croissance économique. D’autre part, le départ des entrepreneurs entraîne une perte de compétences et de savoir-faire qui pourrait être cruciale pour le développement du pays. En 2023, on estime que près de 30 % des entreprises ayant quitté le pays sont des PME, qui représentent un pilier essentiel de l’économie tchadienne.
Il est également important de noter que cette situation peut exacerber les inégalités économiques au sein du pays. Les entreprises qui réussissent à s’installer à l’étranger bénéficient souvent de meilleures conditions de marché, tandis que celles qui restent sur place doivent composer avec une concurrence déloyale et un cadre économique défavorable.
Pour remédier à cette crise, des réformes structurelles sont nécessaires. Le gouvernement tchadien doit s’engager à améliorer la transparence et l’efficacité des procédures administratives, tout en garantissant un environnement propice aux affaires. Des initiatives visant à réduire la dette intérieure et à renforcer la confiance des investisseurs sont également cruciales.
La crise de la dette intérieure au Tchad représente un défi majeur pour l’économie du pays. L’exil économique des chefs d’entreprise témoigne de l’urgence de réformes et d’un engagement ferme de la part des autorités pour restaurer un climat d’affaires propice à la croissance et à l’innovation. L’avenir économique du Tchad dépendra de sa capacité à retenir ses entrepreneurs et à favoriser un environnement plus favorable à l’investissement local.
Sorelle Ninguem


