
(lavoixdesentreprises.info) – Le Cameroun s’engage dans une démarche innovante pour la gestion de ses parcs nationaux, en transférant leur administration à des opérateurs privés, s’inspirant des modèles éprouvés du Kenya et de l’Afrique du Sud.
Le ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, Jules Doret Ndongo, a récemment annoncé une initiative majeure visant à confier la gestion des parcs nationaux à des acteurs privés. Cette annonce, faite lors de la présentation d’un projet de loi sur la conservation des écosystèmes transfrontaliers entre le Cameroun et le Nigeria, marque un tournant significatif dans la stratégie de conservation et de promotion de l’écotourisme dans le pays.
Selon le ministre, les parcs nationaux représentent des atouts précieux pour générer des revenus essentiels à l’État, notamment via le développement de l’écotourisme. Il a souligné la nécessité de réévaluer les méthodes actuelles de gestion, qui reposent principalement sur les compétences limitées du ministère en matière de conservation. Le passage à un modèle de gestion partenariale avec le secteur privé est donc perçu comme une solution prometteuse pour optimiser l’exploitation de ces ressources naturelles.
L’initiative est déjà en phase d’essai au parc national de Campo Ma’an, situé dans la région du Sud, qui est célèbre pour sa population de gorilles. Le ministre a affirmé que ce partenariat avec un opérateur privé s’avère fructueux, avec des résultats encourageants. « Les gorilles se sont habitués aux populations locales, et les interactions entre les visiteurs et les animaux se déroulent sans heurts. Les droits d’entrée perçus contribuent également à la préservation de ces espèces », a-t-il expliqué. Ce modèle pourrait être élargi à d’autres aires protégées, s’inspirant des expériences réussies observées au Kenya et en Afrique du Sud.
Cependant, le ministre a également mis en garde contre les défis à surmonter pour atteindre ces objectifs. Il a souligné que des pays comme le Kenya, l’Afrique du Sud, la Tanzanie ou le Botswana ont réussi à développer leur secteur écotouristique grâce à des investissements substantiels. « La transformation du Cameroun en une destination écotouristique compétitive ne se fera pas du jour au lendemain. Il est impératif de construire des infrastructures appropriées, telles que des routes d’accès et des centres d’accueil, ainsi que de former le personnel local pour garantir une expérience de qualité aux visiteurs », a-t-il déclaré devant les députés.
Le Cameroun, avec ses vastes ressources naturelles, dispose d’une riche biodiversité, comprenant une vingtaine de parcs nationaux, six réserves et plusieurs sanctuaires de faune. Cette initiative de gestion privée pourrait non seulement renforcer la protection de ces espaces, mais également stimuler le développement économique local à travers le tourisme durable. En engageant le secteur privé, le Cameroun espère créer un cadre propice à la conservation tout en générant des revenus substantiels pour l’État.
Ainsi, le pays s’oriente vers une nouvelle ère de gestion des ressources naturelles, où l’écotourisme pourrait jouer un rôle clé dans la préservation de l’environnement tout en favorisant le développement socio-économique des communautés locales. Cette démarche audacieuse pourrait bien faire du Cameroun un exemple à suivre dans la région pour la gestion durable de ses parcs et la promotion de l’écotourisme.
A. B.


